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AITEK Innovation Summit 2026 : Redda Ben Geloune appelle à transformer l’IA en solutions concrètes
Hier, 22:25

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 « De l’intelligence artificielle à l’impact ». C’est autour de cette thématique que se tiendra, le 2 octobre prochain à Abidjan, la deuxième édition de l’AITEK Innovation Summit (AIS). En prélude à ce rendez-vous consacré aux enjeux technologiques, le groupe AITEK a organisé, ce mardi 8 septembre, une conférence de presse au cours de laquelle son fondateur et CEO, Dr Redda Ben Geloune, a exposé les principaux défis auxquels la Côte d’Ivoire et l’Afrique doivent faire face dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Pour le dirigeant, l’enjeu n’est désormais plus de savoir si l’Afrique adoptera l’intelligence artificielle, mais de déterminer comment elle peut l’utiliser pour répondre à ses propres problématiques et créer de la valeur.

« L’Afrique ne manque ni de talent ni d’idée », a-t-il souligné, estimant que le principal défi se situe plutôt dans la capacité à transformer les innovations en solutions concrètes et à les déployer à grande échelle.

Selon lui, de nombreuses innovations existent déjà sur le continent, mais peinent encore à produire des changements visibles sur le terrain. D’où la nécessité, à ses yeux, de rapprocher le secteur public, le secteur privé et le monde académique afin de favoriser l’exécution des projets et l’émergence de solutions adaptées aux réalités locales.

L’IA, une opportunité de rattrapage

Dr Redda Ben Geloune considère l’intelligence artificielle comme une « fenêtre » permettant à l’Afrique de réduire une partie de son retard technologique.

Il cite notamment plusieurs secteurs dans lesquels l’IA pourrait avoir un impact direct. Dans la santé, elle pourrait contribuer à anticiper certaines épidémies, prévoir les besoins des établissements sanitaires et améliorer la répartition des médicaments et des ressources.

Dans l’agriculture, l’exploitation des données, combinée à l’utilisation de drones et d’outils d’intelligence artificielle, pourrait permettre de détecter les maladies des cultures, d’optimiser l’irrigation et de conseiller les producteurs sur les traitements à appliquer.

L’éducation constitue également un domaine dans lequel les technologies pourraient contribuer à réduire les contraintes liées aux infrastructures et au manque de ressources humaines.

Mais pour que ces possibilités deviennent réalité, le PDG d’AITEK insiste sur un préalable : la disponibilité de données fiables et structurées.

« La data, c’est la clé de l’IA »

Pour le dirigeant, il est impossible de développer des solutions d’intelligence artificielle performantes sans disposer de données suffisamment nombreuses, fiables et correctement structurées.

Cette question renvoie directement à celle de la souveraineté numérique. Si les données produites en Côte d’Ivoire sont stockées, traitées et exploitées à l’extérieur du pays, l’enjeu ne serait plus uniquement technologique, mais également économique et stratégique.

« Si nos données sont stockées à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, nous sommes en train de vendre ce qui est la richesse de demain », a-t-il averti en substance.

La question de la souveraineté des données doit toutefois être accompagnée d’investissements importants dans les infrastructures. La construction de data centers, leur alimentation énergétique et leur coût constituent, selon lui, autant de défis à relever pour permettre au pays de maîtriser davantage son patrimoine numérique.

Sortir du modèle de simple consommateur

Le dirigeant d’AITEK appelle ainsi à un changement de paradigme. Selon lui, l’Afrique a longtemps été considérée comme un marché destiné à adopter et à consommer les technologies conçues ailleurs.

L’enjeu serait désormais de passer du statut de consommateur à celui de producteur de solutions technologiques.

« Est-ce qu’on va continuer à se considérer comme des consommateurs de technologie ou est-ce qu’on va réellement passer de consommateurs à concepteurs ? », s’interroge-t-il.

Pour lui, la Côte d’Ivoire dispose de compétences et de talents capables de participer à cette transformation. Il plaide donc pour un meilleur accompagnement des acteurs locaux plutôt que de chercher systématiquement les solutions à l’extérieur.

Un sommet pour passer de la réflexion à l’action

C’est dans cette perspective que l’AITEK Innovation Summit 2026 entend réunir, le 2 octobre prochain, les principaux acteurs de l’écosystème numérique autour du thème « De l’intelligence artificielle à l’impact ».

La rencontre, prévue au siège d’AITEK à Abidjan, devrait réunir plus de 2 000 participants, dont environ 500 décideurs et experts.

Le programme prévoit cinq panels de haut niveau consacrés notamment à l’industrialisation de l’IA, à la cybersécurité, à la souveraineté des données, à l’innovation ouverte et aux compétences. Dix masterclasses, un salon technologique organisé autour de quatre zones thématiques ainsi que des rencontres B2B sont également annoncés.

L’événement bénéficie du soutien du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique ainsi que du ministère de la Communication, porte-parole du gouvernement.

Une ambition qui dépasse AITEK

Pour Dr Redda Ben Geloune, l’AITEK Innovation Summit ne doit pas être considéré comme un simple événement de promotion technologique. Il souhaite en faire un espace de dialogue et de mise en relation entre les acteurs capables de faire avancer concrètement l’écosystème.

L’objectif est notamment de favoriser l’émergence de propositions et de feuilles de route associant les secteurs public et privé ainsi que le monde académique.

La première édition, organisée en 2024, avait réuni environ 1 500 participants et donné lieu à l’élaboration d’un Policy Brief transmis aux autorités publiques.

Deux ans plus tard, AITEK veut franchir une nouvelle étape avec l’édition 2026. Derrière le thème « De l’intelligence artificielle à l’impact », l’ambition affichée est claire : faire en sorte que les discussions sur l’IA débouchent sur des projets, des investissements et des solutions répondant aux problèmes concrets des populations.

Pour le PDG d’AITEK, le défi est collectif. Aucun acteur ne pouvant, à lui seul, transformer l’écosystème, il estime que la Côte d’Ivoire et l’Afrique doivent réussir à fédérer leurs talents, leurs entreprises, leurs institutions et leurs centres de recherche pour ne pas manquer la nouvelle révolution technologique.

 

GZ

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