Maria Dion Gokan vient d'ajouter une corde à son arc
Maria Dion Gokan est la patronne de Rituel Café, une marque de café Made In Côte d’Ivoire. En plus de ce que l’on la reconnaît comme la meilleure ambassadrice du café de Côte d'Ivoire, elle vient d’ajouter une corde à son arc. A la faveur de la 10e édition des Journées nationales du Cacao et du Chocolat (JNCC) qui ont fermé leurs portes il y a quelques jours, nous l’avons retrouvé dans la mode, au cours de la soirée Fashion show. Elle a accepté de nous parler de cette collection qui défend le café et le cacao ivoiriens, à cœur ouvert. Nous vous avons vu présenté une collection de tenues vestimentaires lors de la Fashion show des JNCC. Qu’est ce qui a motivé la création d’une collection en faveur du café et du cacao ? J'ai pris part au Fashion show des JNCC 10 en tant que styliste. J'ai dessiné toute une collection de tenues en toile de jute, que j’ai présenté à la première partie du défilé. Pourquoi avoir choisi la toile de jute ? La toile de jute, c'est la matière dans laquelle est fait le sac qui nous permet de transporter le café et le cacao. À un moment donné, quand ils arrivent chez leurs destinataires, ils n'ont plus de vie. Donc, on a pensé à l'environnement. Ce qui nous envoie nécessairement dans le recyclage, donc dans l'économie circulaire. Lors du défilé, votre collection portait sur la norme ARS 1000. Parlez-nous en… La norme ARS 1000, c'est une norme qui est défendue par la Côte d'Ivoire et le Ghana. Et donc le Conseil du Café-Cacao promeut cette norme-là. Au sein du Conseil, on a un service qui pilote cette norme-là et qui est chargé justement de faire en sorte que son application soit faite sur le terrain auprès des producteurs. Qu'est-ce qu'elle dit cette norme ? Elle informe en fait nos interlocuteurs, nos acheteurs et toute l'opinion internationale, que la Côte d'Ivoire respecte les normes dans le café, dans le cacao surtout, en terme de biodiversité, de traçabilité, de respect de l'environnement, d'éthique, pour dire qu’il n’ y a pas d'enfants dans les plantations, etc. Ce qui signifie que nous produisons un cacao propre. Quel message essayez-vous de faire passer à travers la création d’une collection sous la norme ARS 1000? Donc en défilant avec cette collection, nous voulons passer par la culture et précisément la mode pour communiquer et toucher plusieurs personnes. Et pendant les deux jours de défilé, nous sommes passés, pas sur une musique, mais sur du slam. Donc on a slamé en fait la norme ARS 1000 pour porter le message. On a vu aussi des thèmes sur les tenues présentées. De quoi s’agissait-il ? Dans cette collection, on a plusieurs modèles et des thématiques qui vont nous rappeler ce que c'est que la norme. On a des thématiques sur la terre, le producteur, la traçabilité, la biodiversité, la transparence, l'avenir et l'héritage. Chaque modèle est décliné en homme et en femme pour pouvoir porter le message de la Côte d'Ivoire au monde entier. À la base, quand on touche la toile de jute, on a l'impression que c'est rugueux et en faire un vêtement, c'est carrément impensable. Comment êtes-vous arrivé à faire cela ? J’ai travaillé avec des créateurs de mode qui ont donné vie à ces tenues. Ils ont travaillé la toile de jute pour la rendre plus facile à porter. C'est de la bi-matière. On a une partie en toile de jute et une autre partie en tissu pour que ce soit quelque chose de contemporain et de classique, qu'on puisse porter tous les jours sans honte et que ça fasse fashion aussi. C'est vraiment une collection chic, tendance et moderne. Qu'est-ce que l'on peut retrouver comme tenues dans cette collection? On y retrouve des hauts pour la femme et l'homme qui se portent sur des pantalons. On va retrouver aussi des tuniques, des boubous, des robes de soirée, des vestes, des gilets. Donc une panoplie de tenues. Au-delà de la norme ARS 1000, vous avez prévu des choses pour les prochaines éditions? Oui, bien sûr. Exactement. Comme nous étions sur un Salon du Cacao et du Chocolat, on a apporté la norme ARS 1000. Mais en fonction du secteur d'activité ou de la spécificité, il y aura un message qui sera porté. Si je me retrouve dans un univers où il y a une autre thématique, la toile de jute va servir justement de fil conducteur pour porter un nouveau message. Et quel a été l'accueil du public ? Il est vrai que j'ai l'habitude de porter mes propres tenues en toile de jute. Mais je faisais des choses en fonction de moi, de ma personnalité et de ma sensibilité. Mais là, ce sont des tenues destinées à un grand public. Les gens étaient surpris. Et quand c'est comme ça, on a un peu de stress parce qu'on se dit : est-ce qu'ils vont rentrer dans ma vision, ou est-ce que moi je vais correspondre aussi à ce qu'ils attendent ? Mais on a été surpris. C'est-à-dire qu’on avait fait un seul modèle et avant d’arriver à notre stand, on avait déjà des achats et des commandes. Aujourd'hui, des gens sont encore en train de commander. Ça nous surprend. Il y a un très bel accueil, les gens étaient contents. Est-ce qu’il est prévu des accessoires pour accompagner cette collection ? Bien sûr ! Oui, il y a des sacs qui ont été dessinés, on n'a pas pu les sortir. Il faut savoir que c'est en une semaine qu'on a fait tout ça. Le délai était court. C'est prévu qu'on puisse sortir des accessoires. Au-delà des salons, ce sera des tenues vendues dans des grandes surfaces et dans des boutiques ordinaires ? C'est ce que nous souhaitons. Le salon a été un prétexte pour porter la collection, la montrer, communiquer et la faire découvrir. Mais le but, c'est justement que il y ait des endroits où ça puisse être vendu, pour que les gens continuent de porter ces tenues. Et nous allons utiliser chacune des personnes qui vont porter nos tenues pour être nos ambassadeurs. Avez-vous un message à lancer ? C'est vrai, ce n'est pas notre univers, ce n'est pas notre domaine, mais de pouvoir porter ce message-là et que le public accueille favorablement parce que tout le monde veut sa tenue, ça veut dire qu'on est en train de réussir le pari. Et le Conseil du Café-Cacao gagnerait justement à utiliser ces vitrines-là pour pouvoir parler, parce qu'il y a des efforts qu'ils font mais qui ne sont pas forcément perçus par des gens qui sont hors de la filière ou de la corporation. Donc c'est aussi un message pour pouvoir porter l'information là où il faut. Réalisée par Solange ARALAMON
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