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Décentralisation : le PPA-CI veut faire du territoire un moteur du développement national
Hier, 14:59

Le PPA-CI plaide pour des collectivités fortes et autonomes

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Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) entend faire de la décentralisation un véritable levier du développement national, à travers une meilleure autonomie des collectivités territoriales, un transfert effectif des compétences et des ressources ainsi qu’un renforcement de la gouvernance locale.

Le secrétaire général adjoint chargé du pilier « Décentralisation et développement local » du Pacte social proposé par Laurent Gbagbo, Ouallo Jean Luc, a exposé cette vision, mardi 18 août 2026, à Abidjan, lors de la tribune d’échanges dénommée « La Tribune du PPA-CI ».

Présentant le sixième pilier du Pacte social, consacré à la décentralisation et au développement local, M. Ouallo a expliqué que l’ambition est de faire du territoire « un moteur du développement national », en rapprochant davantage la décision publique des populations.

Selon lui, la décentralisation doit permettre à chaque élu local de savoir clairement ce qu’il peut décider, comment il peut agir et de quoi il est responsable. Cette orientation repose notamment sur le principe selon lequel une collectivité ne peut être pleinement responsable devant ses populations si elle ne dispose pas d’une réelle capacité de décision et d’action.

Le responsable du PPA-CI a également mis en avant plusieurs acquis qu’il attribue au processus de décentralisation engagé sous la gouvernance de Laurent Gbagbo entre 2001 et 2010, notamment la création des conseils généraux, le renforcement du rôle des communes et la mise en place de nouveaux outils de gestion territoriale.

Il a notamment évoqué la création de 56 collectivités départementales et l’organisation, en juillet 2002, des élections des conseils généraux, présentées comme ayant pour objectifs de rapprocher l’administration des administrés, de favoriser le développement économique, social et culturel des départements et de permettre une implication accrue des populations dans la gestion de leur territoire.

S’agissant de la gouvernance actuelle, M. Ouallo a estimé que certaines réformes ont contribué, selon le PPA-CI, à éloigner les populations des centres de décision. Il a notamment critiqué le remplacement des conseils généraux par les conseils régionaux, estimant que l’étendue de certaines régions et leur poids démographique peuvent constituer un obstacle à une participation de proximité.

Le PPA-CI préconise ainsi une réorganisation permettant de mieux rapprocher la décision des citoyens et de renforcer l’efficacité de l’action des collectivités territoriales.

Le PPA-CI propose le transfert effectif des compétences et des ressources. Pour le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo, aucune compétence ne devrait être transférée à une collectivité sans que celle-ci dispose des moyens nécessaires à son exercice.

Ce transfert devrait notamment s’accompagner de ressources financières, humaines et matérielles, mais également de données, d’une ingénierie technique et d’un véritable pouvoir de décision. Le parti propose en outre une évaluation préalable du coût réel des compétences transférées ainsi qu’un mécanisme permanent de suivi et d’évaluation.

Cette approche concerne notamment des secteurs tels que l’éducation, la santé, l’eau, l’assainissement, la voirie, le développement économique local, la culture et le sport.

Le PPA-CI souhaite également renforcer les capacités des élus et des agents territoriaux dans des domaines comme les finances locales, la gestion de projets, les marchés publics, la planification territoriale, la fiscalité et le suivi-évaluation.

Au-delà de la gestion administrative, le parti ambitionne de faire des collectivités de véritables acteurs du développement économique local. Chaque territoire devrait pouvoir identifier ses potentialités dans l’agriculture, la pêche, l’élevage, le tourisme, l’artisanat, le commerce, l’industrie, l’économie numérique ou encore le patrimoine culturel, puis les transformer en projets créateurs d’emplois et de richesses.

Le PPA-CI propose également de renforcer l’intercommunalité, la mutualisation des équipements et services, la participation citoyenne, la transparence, la reddition des comptes et la lutte contre la corruption.

La transformation numérique devrait, selon cette vision, contribuer à améliorer la gouvernance locale, grâce notamment à la mise en place progressive d’un système d’information territoriale permettant de suivre les budgets, les investissements, les projets et les marchés publics.

Pour le PPA-CI, la décentralisation ne doit donc pas seulement rapprocher l’administration du citoyen, mais elle devrait également rapprocher la décision du citoyen.

Le parti entend, par ailleurs, promouvoir une meilleure autonomie financière des collectivités, fondée sur le renforcement de leurs ressources propres et sur des dotations de l’Etat prévisibles, ainsi qu’un système de péréquation destiné à réduire les disparités entre les territoires.

Il préconise aussi, une nouvelle relation entre l’Etat et les collectivités, fondée davantage sur l’accompagnement et la régulation que sur la tutelle et la concentration des décisions.

« Lorsque les territoires se développent, c’est la Côte d’Ivoire tout entière qui progresse », soutient le PPA-CI, qui entend ainsi faire de la décentralisation un projet de gouvernance et de société reposant sur la proximité, l’autonomie, la responsabilité et un développement territorial mieux équilibré.

Lambert KOUAME

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