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Hausse du prix du carburant : les transporteurs gèlent les tarifs, mais préviennent d’une possible hausse
Aujourd'hui, 06:09

En attendant des mesures d’accompagnements, les transporteurs consentent à maintenir les prix

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Les transporteurs ont décidé de maintenir provisoirement les tarifs actuels du transport des personnes et des marchandises, malgré la nouvelle hausse du prix des produits pétroliers, tout en prévenant qu'une augmentation des tarifs pourrait devenir inévitable en l'absence de mesures d'accompagnement du gouvernement.

Cette position a été exprimée lundi 3 août 2026 à Abidjan, à l'issue d'une rencontre tenue au cabinet du ministre, au 21e étage de l'immeuble Postel 2001 entre le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, les représentants des organisations de transporteurs et les associations de consommateurs.

À l'issue des échanges, le directeur général du Haut Conseil du Patronat des Entreprises de Transport Routier (HCPTR), Diaby Ibrahim, a confirmé le maintien des tarifs actuels, dans l'attente de mesures concrètes en faveur des professionnels du secteur.

Cette décision intervient alors que le prix du carburant connaît une nouvelle hausse depuis le 1er août 2026. Le litre de super sans plomb est passé de 875 à 905 FCFA, soit une augmentation de 30 FCFA. Le gasoil, principalement utilisé par les transporteurs, est passé de 700 à 725 FCFA le litre, tandis que le prix du pétrole lampant a augmenté de 35 FCFA, passant de 745 à 780 FCFA.

Pour les transporteurs, cette nouvelle hausse accentue les difficultés auxquelles le secteur est déjà confronté. Diaby Ibrahim a regretté que la décision d'augmenter les prix des carburants ait été prise « sans préalable, ni concertation », rappelant qu'une plateforme de revendications transmise aux autorités après la précédente hausse n'aurait pas connu, selon lui, le traitement attendu.

Parmi les principales revendications figurent notamment la réduction de 50 % des péages pour les poids lourds, la suppression des frais de pesage, la lutte contre les barrages illégaux, la réduction des contrôles jugés abusifs, ainsi que la prise en compte des préoccupations liées à la vidéoverbalisation et aux « faux frais ».

Le responsable du HCPTR a averti que le maintien des tarifs actuels ne saurait être garanti indéfiniment. « Si rien n'est fait, la solution c'est augmenter le prix du transport des personnes et des marchandises sur tout le territoire », a-t-il prévenu.

Même inquiétude du côté du président des gares routières, Touré Adama, qui a estimé que les mesures prises à la suite de la précédente hausse n'avaient pas permis d'apporter une réponse suffisante aux difficultés des transporteurs. Il a révélé que des acteurs du secteur avaient envisagé un débrayage avant la célébration de la fête de l'Indépendance.

« La réalité, c'est qu'on ne pourra pas ne pas augmenter le prix du transport », a-t-il déclaré, faisant planer la menace d'une prochaine révision des tarifs si les difficultés persistent.

Face à ces inquiétudes, le ministre Amadou Koné a appelé les différents acteurs à la responsabilité et à la solidarité dans un contexte international marqué par une crise affectant les marchés de l'énergie.

« Quand il y a des périodes de crise, il faut qu'on soit patriote et qu'on se serre tous la ceinture. Il faut qu'on se donne tous la main », a-t-il déclaré, assurant que « le gouvernement va continuer à faire des efforts ».

Le ministre a également rappelé les efforts consentis par l'État pour limiter l'impact des fluctuations des cours internationaux du pétrole sur les prix à la pompe. Selon lui, la hausse actuelle n'est pas définitive et pourrait être revue à la baisse si les cours internationaux venaient à se détendre.

« Je comprends parfaitement les inquiétudes des conducteurs et des propriétaires. L'État continue de faire de son mieux pour financer le développement du pays », a-t-il assuré.

Les représentants des transporteurs et des consommateurs ont, pour leur part, salué la démarche de concertation engagée par le gouvernement, tout en appelant au renforcement du dialogue avec les professionnels du secteur.

Ils ont notamment plaidé pour la réduction des nombreux frais supportés par les transporteurs, la limitation de certaines taxes communales jugées pénalisantes et la suppression des barrages illégaux.

En attendant les réponses du gouvernement à leurs préoccupations, les transporteurs maintiennent donc les tarifs actuels. Une décision qui permet, pour l'heure, d'éviter une hausse immédiate du coût du transport, mais qui pourrait être remise en cause si aucune mesure concrète d'accompagnement n'est prise en faveur du secteur.

Lambert KOUAME

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