Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, des liasses de billets exhibées devant des milliers d'internautes et, au bout du compte, une affaire judiciaire qui se solde par de lourdes condamnations. Le dossier impliquant l'influenceur Apoutchou National et l'opérateur de paris en ligne Lionel PCS a connu son épilogue judiciaire, le lundi 2 juin 2026, devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF).
Au terme de plusieurs mois d'enquête et de débats, Apoutchou National a été condamné à trois ans de prison ferme sans mandat de dépôt, et à une amende de 264 millions de FCFA. Lionel PCS, considéré comme l'un des principaux acteurs du dossier, a écopé de cinq ans de prison ferme sans mandat de dépôt également, assortis de la même amende.
À l'origine de cette affaire se trouve une séquence devenue virale en novembre 2024. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Apoutchou National apparaissait entouré d'importantes sommes d'argent en espèces. Les images avaient rapidement suscité de nombreuses interrogations sur la provenance de ces fonds, poussant les autorités à ouvrir une enquête.
Ce qui semblait alors n'être qu'une démonstration de richesse sur internet va progressivement conduire les enquêteurs sur la piste d'opérations financières beaucoup plus complexes. En cherchant à identifier l'origine de l'argent exhibé, les investigations vont mettre en lumière des flux financiers et plusieurs personnes gravitant autour de l'influenceur, dont Lionel PCS à qui appartenait cette importante somme d’argent.
Selon les éléments examinés par la justice, les enquêteurs ont estimé que les fonds et les transactions observés présentaient des caractéristiques pouvant relever du blanchiment de capitaux. Les investigations se sont également intéressées aux activités de paris en ligne et à certaines opérations financières réalisées en marge du cadre réglementaire en vigueur.
Si Apoutchou National a principalement été poursuivi pour blanchiment de capitaux, les griefs retenus contre Lionel PCS se sont révélés plus nombreux. Le tribunal lui a notamment reproché des faits de blanchiment de capitaux, la violation de la réglementation monétaire applicable dans l'espace UEMOA ainsi que des activités de paris illicites. C'est notamment la multiplicité des infractions retenues qui explique la peine plus lourde prononcée à son encontre.
Outre les peines d'emprisonnement et les amendes, la justice a ordonné la confiscation de plusieurs biens. Des véhicules, des comptes bancaires et des biens immobiliers ont été saisis dans le cadre de cette procédure. Pour les magistrats, ces mesures visent à empêcher que les personnes condamnées puissent continuer à profiter d'avoirs considérés comme liés aux infractions poursuivies.
Même si les avocats de la défense ont annoncé leur intention de contester la décision, cette affaire restera comme l'un des dossiers les plus médiatisés traités ces dernières années par le Pôle pénal économique et financier.
Modeste KONÉ
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