Vous consultez la nouvelle version du site. Pour accéder à l'ancienne version, cliquez ici.
Flash info
Île de Motobé : les membres de l’Association des propriétaires terriens célèbrent la rétrocession de leurs terres
Aujourd'hui, 11:37

Ecoutez cet article en audio

Lire
Continuer
Pause
Arrêter

Les populations de l’île de Motobé, dans la sous-préfecture de Grand-Bassam, ont célébré, ce jeudi 14 mai 2026, une cérémonie de rétrocession foncière organisée par l’Association des propriétaires terriens de l’île de Motobé (APTIM), en collaboration avec la communauté villageoise de Moossou 1 et 2. Une rencontre marquée par des témoignages, des prières et des messages de reconnaissance après plusieurs années de litige foncier.

Prenant la parole au cours de cette cérémonie organisée sur l’île de Motobé, le président de l’APTIM, N’guessan N’doumi Bruno, a qualifié cette journée « d’évènement historique » pour les populations locales. Selon lui, la création de l’APTIM en août 2020 répondait à une nécessité de préserver les terres héritées des ancêtres face à ce qu’il considère comme une menace de dépossession foncière.

« Aujourd’hui n’est pas un jour ordinaire. C’est un jour-évènement que chacun doit inscrire en lettres d’or dans l’histoire de notre communauté », a-t-il déclaré devant les autorités coutumières, administratives et les populations venues nombreuses.

Le président de l’APTIM a expliqué que ce combat « juridico-administratif » a permis d’aboutir à la récupération des terres contestées, grâce notamment au soutien des autorités coutumières de Moossou, des administrations compétentes et des forces de sécurité.

Selon les responsables de l’association, le différend remonte à 2013, lorsqu’une convention de lotissement avait été signée avec un opérateur privé dénommé Akpalé Aimé.  Les propriétaires terriens affirment avoir ensuite découvert qu’un Arrêté de concession définitive (ACD) avait été établi au nom de ce dernier, sans leur consentement.

Vice-président de l’APTIM, Adjilé Ayéto Bonaventure a indiqué que la convention liant les deux parties avait été annulée en 2016 par le tribunal de première instance, avant que le Conseil d’État ne prononce, en 2024, l’annulation de l’ACD contesté.

« Nous avons mené ce combat pour récupérer nos terres. Aujourd’hui, nous célébrons cette victoire », a-t-il soutenu.

Les responsables de l’APTIM estiment que cette situation a eu de lourdes conséquences sur les populations locales, notamment la perte de revenus issus des plantations de cocotiers et de palmiers, ainsi qu’une précarisation des familles vivant de ces exploitations agricoles.

Au cours de la cérémonie, l’APTIM a également présenté la société CIBTP, chargée désormais de conduire les opérations d’aménagement foncier sur le site. Le président de l’association a salué l’implication du directeur général de cette entreprise, Gnahoua Gnépa, dans le processus de régularisation foncière.

De son côté, Nanan Kodjo Michel, secrétaire général de la notabilité de Moossou, a exprimé la satisfaction des populations après la récupération des terres qu’il considérait comme « perdues ».

« C’est une immense joie pour nous de retrouver nos terres », a-t-il déclaré, tout en rendant hommage aux membres de l’APTIM pour leur implication dans ce dossier.

Selon les responsables de l’association, les terres concernées couvriraient plusieurs centaines d’hectares sur l’île de Motobé. Les opérations de délimitation et de recensement des parcelles devraient se poursuivre dans les prochaines semaines.

 

GZ

Donnez votre avis