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Éditorial: Eloge du temps long !
Hier, 22:05

Édito

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 Dans le football moderne, où tout semble devoir aller toujours plus vite, la patience apparaît presque comme une vertu révolutionnaire. 

Les résultats immédiats dictent souvent les décisions et les entraîneurs ou les dirigeants changent au rythme des contre-performances. Pourtant, lorsqu’on observe les grandes institutions sportives, une évidence s’impose : la stabilité des hommes reste l’un des fondements les plus solides de la réussite, tant sportive que financière. La récente publication sur nos réseaux sociaux, retraçant le nombre de titres de champion de Côte d’Ivoire remportés par notre entraîneur en poste depuis 7 saisons à la tête de l’équipe professionnelle masculine et ayant servi le club pendant plus de 12 années, a une nouvelle fois rappelé cette vérité essentielle. 

Derrière chaque trophée soulevé, il y a bien sûr quatre-vingt-dix minutes de combat sur le terrain, des buts marqués, des arrêts décisifs et des victoires conquises. Mais lorsque l’on élargit la focale, on comprend que ces succès sont aussi, et peut-être surtout, le fruit d’une organisation humaine cohérente, fidèle et durable. Construire un club pour en faire une institution ne se résume pas à empiler les titres. Cela exige une vision, de la continuité et des femmes et des hommes profondément engagés au service d’un même projet. À l’ASEC Mimosas, cette stabilité commence naturellement au sommet, avec un Président, des Vice-Présidents et une gouvernance qui incarnent depuis des années une ligne claire et constante. Mais elle se prolonge à tous les étages : dans le secteur technique, à l’administration, dans la gestion des équipements, l’entretien des espaces verts, jusqu’aux cuisines où se prépare aussi, à sa manière, la performance collective. Chaque maillon compte. Un grand club ne se construit pas uniquement dans les vestiaires ou sur la pelouse, mais dans la qualité de l’ensemble de son écosystème. La confiance, la transmission du savoir, la culture de l’exigence et le sentiment d’appartenance naissent du temps long. C’est ainsi que se bâtissent les institutions durables. Certains nous reprocheront, parfois à juste titre, de ne pas toujours parvenir à reproduire cette stabilité chez les joueurs, qui restent les acteurs principaux de notre projet sportif. La remarque mérite d’être entendue. Mais il faut aussi composer avec les réalités du football contemporain : les carrières sont courtes, les ambitions légitimes, les opportunités nombreuses et les envies d’ailleurs souvent irrésistibles. Retenir un talent n’est pas toujours possible, ni même souhaitable lorsque son départ participe aussi au modèle économique du club. L’essentiel est ailleurs : dans la capacité à préserver une identité malgré le mouvement. 

Les joueurs passent, l’institution demeure. Et si l’ASEC Mimosas continue d’écrire son histoire avec autant de constance, c’est parce que derrière chaque génération se trouvent des femmes et des hommes stables, fidèles et profondément attachés à faire gagner bien plus qu’une équipe : un héritage.

 Benoît YOU

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