Les participants à la formation étaient heureux d’apprendre leq outils de l’IA
Une trentaine de notaires ivoiriens se sont réunis depuis le lundi 4 mai 2026, au Palm Club hôtel d'Abidjan pour apprendre à dialoguer avec des outils de l’Intelligence artificielle (IA). Cette initiative de l'Association pour le Développement du Service Notarial de Côte d'Ivoire (ADSN-CI) se situe dans le cadre d'un programme certifiant organisé en collaboration avec le cabinet LL Remake Studio.
Cette formation, une première en Côte d'Ivoire, est une occasion pour ces notaires en exercice, habitués aux codes et aux registres, de découvrir des outils comme ChatGTP, Perplexity, Mistral ou Claude. Mais aussi de tester des formulations de prompts, de s'interroger sur ce qu'il est prudent ou non, de confier à une machine. « Il y a certains éléments que je ne connaissais pas, par exemple le modèle Mistral », confie Maître Fose Sylla, l'un des participants. « Aujourd'hui, c'est une découverte», a t-il lancé, avec enthousiasme.
Le programme, structuré en quatre modules sur deux jours, ne se contente pas de présenter des outils. Il aborde de front les questions qui inquiètent les praticiens : comment protéger les données des clients ? Quels risques pour le secret professionnel ? Quelle fiabilité juridique pour les documents produits par une IA entraînée sur du droit étranger ? Surtout que les notaires ont pour rôle de rédiger des actes de vente, d’authentifier des héritages, de sécuriser des transactions immobilières, etc.
« Qu'est-ce qu'il faut mettre comme information pour faire des recherches ? Qu'est-ce qu'il ne faut pas mettre ? Pour une profession réglementée comme la nôtre, ça demande vraiment beaucoup de vigilance », observe Maître Sylla. Maître Yolande Foldah-Kouassi, notaire au Plateau, est arrivée avec des doutes. Elle en ressort avec une conviction : « Je suis plus que satisfaite. Non seulement j'ai eu des notions, j'ai pu savoir exactement ce que c'est que l'IA, mais la formatrice n'a pas manqué d'évoquer les limites et notamment l'insécurité», a t-elle déclaré.
Une nuance que les participants retiennent : l'IA n'est pas une solution miracle, mais un outil qui exige d'être maîtrisé. À ceux qui, dans la profession, restent méfiants ou franchement opposés à ces outils, Maître Sylla adresse un message sans ambiguïté : « J'encourage tous les hommes du monde juridique et judiciaire à s'intéresser à ces outils, parce qu'on n'a pas le choix. Aujourd'hui ça s'impose à nous», a t-elle indiqué.
Ce qui surprend aussi dans cette formation, c'est le profil de ceux qui ont répondu présent. Sur dix participants dans certaines sessions, huit sont des femmes. La formatrice Karmelle Biyot, fondatrice de LL Remake Studio et ancienne avocate, y voit un signe fort : « Les femmes ont compris l'importance de la digitalisation. Aujourd'hui, on est vraiment à l'aune d'une véritable révolution. Comme à l'heure de l'imprimerie ou d'Internet. Et cette fois, les femmes notaires ivoiriennes entendent ne pas rater le train», a t-elle déclaré, le mercredi 6 mais 2026, au terme de la formation.
Solange ARALAMON
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