Au Sénégal, l’Assemblée nationale double la peine de prison réprimant l’homosexualité
La position des députés sénégalais est claire : pas d’homosexualité au pays de la Téranga
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Si le président Bassirou Diomaye Faye promulgue la loi votée mercredi, le Sénégal deviendrait l’un des pays les plus répressifs d’Afrique à l’encontre des droits LGBT +.
Une défaite pour les droits LGBT +. L’Assemblée nationale sénégalaise a voté mercredi 10 mars une loi qui double les peines réprimant les relations homosexuelles, punies désormais d’une peine maximale de dix ans de prison, sur fond de vague d’homophobie et d’arrestations pour homosexualité présumée.
La loi prévoit également des sanctions pénales contre notamment la promotion de l’homosexualité au Sénégal. Elle doit désormais être promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye, ce qui fera de ce pays l’un des plus répressifs en Afrique contre les personnes LGBT +.
La peine maximale sera prononcée si l’acte a été commis avec un mineur, selon le texte.
Celui-ci prévoit aussi des amendes pouvant aller de 2 à 10 millions de francs CFA (3.048 à 15 244 euros), contre 100 000 à 1 500 000 de francs CFA (152 à 2 286 euros) auparavant.
Arrestations en cascade
La loi entend toutefois punir toute personne qui se lancerait dans la « dénonciation abusive faite de mauvaise foi » de supposés homosexuels.
Le Sénégal, un pays majoritairement musulman, est agité depuis plusieurs semaines par la question de l’homosexualité, un sujet qui revient régulièrement dans les débats ces dernières années.
Celui-ci est devenu plus brûlant que d’habitude depuis l’arrestation début février de 12 hommes, dont deux célébrités locales, accusées d’« actes contre nature », des termes désignant des relations « entre deux personnes de même sexe ».
Depuis, de nouvelles arrestations en série - plusieurs dizaines - sont signalées quotidiennement dans la presse. Certaines des personnes sont en particulier accusées d’avoir volontairement transmis le sida, alimentant des débats virulents sur l’homosexualité. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont dénoncé ces arrestations.
« Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays »
Après avoir débattu toute la journée, les députés sénégalais ont voté le texte par 135 voix pour, aucune contre et trois abstentions. « Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays. Les homosexuels n’auront plus la liberté d’expression dans ce pays », a lancé du haut de la tribune la députée Diaraye Bâ, sous les applaudissements de certains de ses collègues.
Le ministre de l’Intérieur Mouhamadou Bamba Cissé, qui représentait le gouvernement, a qualifié le texte de « belle loi ».
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