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Mouvement de grève dans le secteur éducation-formation : le gouvernement intimide les grévistes, les enseignants durcissent le ton
Aujourd'hui, 00:26

l’Intersyndicale des Enseignants du Moyen et Secondaire de Côte d'Ivoire réclame la libération immédiate de Ghislain Duggary Assy,

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Dispositif sécuritaire de la police nationale, des groupuscules d’élèves par endroits, des élèves traînant dans la cours, des salles de classe fermées... C’est le décor qu’affichaient, le jeudi 3 avril 2025 plusieurs établissements à travers le pays, selon des sources médiatiques. Pour cause, le Mouvement des enseignants pour la dynamique de la dignité (MEDD) a lancé un mot d’ordre de grève pour réclamer le paiement de la prime incitative. Un arrêt de travail prévu pour les  3 et 4 avril 2025,  avec possibilité de reconduction en l’absence de réponse du gouvernement.

Sur le terrain l’on a constaté l’effectivité de la grève dans certains établissements quand dans d’autres écoles, les cours ont eu lieu, sans incidents majeurs.

Le ministère d’Etat, ministère de la Fonction Publique a publié un communiqué pour exprimer la position du gouvernement et marquer son étonnement de voir la mise en exécution de la grève annoncée par des enseignants, alors que ces derniers étaient encore à la table des discussions.

« Les représentants de ces syndicats, reçus par Madame le Ministre d’État de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration (MEMFPMA) le vendredi 28 mars dernier, comme l’atteste le compte rendu joint en annexe du présent communiqué, étaient à nouveau attendus à la table du dialogue. L’objectif était de présenter les conclusions des consultations de leurs bases et de préparer ensemble les prochaines étapes des travaux prévus pour la deuxième semaine de mai 2025, conformément à ce qui avait été convenu. Le cabinet de Madame le Ministre d’État s’étonne de la décision de ces responsables syndicaux de rompre le dialogue en cours, sans considération aucune des acquis ni des mécanismes mis en place par le Gouvernement. Ces mécanismes incluent notamment les Comités Sectoriels de Dialogue Social, le Comité Consultatif de la Fonction Publique (CCFP) et le Groupe des Experts du CCFP, destinés à un meilleur examen des revendications à incidences financières », lit-on dans la note.

Le document rappelle par ailleurs que toute grève entreprise sans respect de la procédure prévue aux articles 2, 3, 4 et 5 de ladite loi est illégale. « Elle expose les initiateurs et les participants aux sanctions disciplinaires prévues par le statut général de la Fonction Publique, sans préjudice des poursuites pénales qui pourraient être engagées à leur encontre », a poursuivi le communiqué.

Dans la nuit du mercredi 2 au jeudi 3 avril, le MEDD a annoncé l’enlèvement de Ghislain Duggary Assy chargé de la communication du Mouvement,  Régional adjoint 1 de la DRENA 4 et SG de l'IEPP Anonkoua-Kouté, à son domicile par des hommes encagoulés. L'enseignant reste introuvable.

Une situation qui n’est pas du gout des enseignants qui ont décidé de durcir le ton. Dans une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux, l’Intersyndicale des Enseignants du Moyen et Secondaire de Côte d'Ivoire (IS-MENA) est montée au créneau. Par la voix de son président Bli Blé David, elle a dénoncé l’enlèvement par des inconnus encagoulés,  de leur camarade Ghislain Duggary Assy, considéré comme un « acte abject, injustifiable et rétrograde ».

« Cet acte qui intervient dans un contexte de revendication sociale de notre part en tant qu’organisation syndicale, est de nature à semer un climat de peur au sein de la classe syndicale ivoirienne. Cette action qui exprime avec éloquence le délit des libertés ne nous rassure pas quant à la satisfaction de nos revendications, portant octroi d’une prime incitative. Un tel acte constitue une atteinte grave  des droits humains, une atteinte manifeste aux libertés fondamentales et une atteinte intolérable à la liberté syndicale », a-t-il expliqué. Avant de prendre l’engagement d’œuvre pour la liberté de leur camarade de lutte, dont il demande la libération immédiate. Il a annoncé par la même occasion, que l’Intersyndicale a commis un avocat pour sa défense car pour lui, la lutte syndicale est un droit fondamental.

Bli Blé David a fait savoir que son organisation a saisi l’Internationale de l’éducation qui est la faitière mondiale des organisations syndicales des personnels de l’éducation et porté plainte auprès du bureau international du travail.

Solange ARALAMON

 


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