Dans le nord de la Cisjordanie occupée, l’opération « Mur de fer », débutée le dimanche 21 janvier 2025, laisse derrière elle un paysage de destruction. À Jénine, une ville désormais surnommée « le petit Gaza », les traces des affrontements sont visibles partout : maisons éventrées, routes impraticables, infrastructures détruites. Israël affirme viser les groupes armés palestiniens, mais pour le chercheur à l’Institut français du Proche-Orient, Taher Labadi, cette offensive dépasse le cadre militaire et s’inscrit dans une stratégie de guerre économique.
« Israël mène une guerre contre l’économie palestinienne », explique le spécialiste. « La destruction des infrastructures, l’arrachage des oliviers, le blocage des routes commerciales : tout cela participe d’une punition collective. »
Au-delà des représailles, ces destructions s’inscrivent dans une logique plus large, poursuit le chercheur. « L’effondrement économique pousse les populations à l’exode. Des territoires se vident, car les habitants ne peuvent plus survivre. Ce phénomène fait écho aux déclarations de plus en plus explicites des dirigeants israéliens sur l’expulsion des Palestiniens, non seulement de Gaza, mais aussi de Cisjordanie. »
En moins de deux mois, les opérations militaires israéliennes ont déjà forcé plus de 40 000 Palestiniens à quitter leur foyer.
DK
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