Alassane Ouattara, un être humain !







Après la diffusion de l’audio du sommet de la Cedeao, et celle d’une présumée conversation téléphonique avec l’ancien Premier ministre malien Boubou Cissé, quelle sera la prochaine révélation sur le chef de l’Etat ivoirien ?

En moins d’un mois, deux enregistrements audios attribués au Président ivoirien Alassane Ouattara, se sont retrouvés sur Internet.

Le premier, publié fin janvier 2022, serait une fuite du sommet de la Cedeao organisé après le coup d’Etat survenu le 24 janvier au Burkina Faso.  

Dans cette bande de 7 minutes 33 secondes d’un extrait de discours vraisemblablement enregistré lors de cette conférence, on entend une voix attribuée à Alassane Ouattara s’adresser à ses pairs de la sous-région. L’intervenant explique notamment à son auditoire sa dernière conversation dans les heures ultimes de Roch Kaboré au pouvoir. « Le lundi (24 février, ndlr) après-midi », ce dernier lui aurait fait part de son intention de démissionner, ce dont il aurait tenté de le dissuader pour donner du temps aux chefs d’État de la région.

« Il considérait que sa démission était la seule chose à faire, car il n’était pas venu en politique pour créer des tueries au sein de ses compatriotes », relate encore l’orateur.

Le deuxième enregistrement est arrivé sur la toile le 11 février dernier. Cet audio de près de cinq minutes, dont il n’est pour l’heure pas possible d’affirmer l’authenticité, est présenté comme une conversation téléphonique entre le chef de l’Etat ivoirien et le malien Boubou Cissé qui fut Premier ministre sous Ibrahim Boubacar Keita.

Dans cet échange qui aurait eu lieu peu avant le sommet de la   Cedeao du 3 février, on entend deux hommes qui critiquent les autorités maliennes et se réjouissent d’éventuelles difficultés économiques de l’Etat malien consécutives aux sanctions prises par la Cedeao contre ce pays.

Ces publications, qui ne peuvent être uniquement ou entièrement le fruit d’une invention, montrent deux constats.

Le premier, c’est que contrairement à ce que peuvent penser aujourd’hui certains de ses farouches partisans, Alassane Ouattara n’est pas Dieu, mais un être humain. Un être humain qui, comme tous les autres, a certes des qualités, mais aussi des défauts. Un être humain qui, derrière sa posture publique d’homme politique et d’homme d’Etat a son côté naturel et réel. Un être humain qui peut, à la différence des discours policés qu’il tient publiquement, se lâcher en privé, avoir un langage cru et employer des mots que le commun des Ivoiriens est loin d’imaginer de lui.

Ces publications montrent aussi qu’il n’est pas au-dessus de cette possibilité d’être, lui aussi, épié, écouté, enregistré pendant ses conversations téléphoniques.

En effet, lorsque dans le passé, des entretiens téléphoniques attribués à d’autres acteurs politiques ont été diffusés sur Internet, certains de ses partisans n’ont pas hésité à affirmer que cela ne peut « jamais » arriver à leur champion. Celui-ci, à les entendre à cette époque, utilisait des canaux de communication insusceptibles d’être infiltrés.

Aujourd’hui, les faits semblent démontrer le contraire. Ces illuminés devraient donc se raviser, faire preuve d’humilité et admettre que leur leader peut être vulnérable, dompté et rester impuissant devant certaines situations.

Le deuxième constat, c’est que ces fuites représentent de mauvais signaux pour le dirigeant ivoirien. Elles démontrent, en effet, qu’il est dans l’œil du cyclone, et qu’il fait face à une adversité dont il peut lui-même ignorer l’ampleur et l’étendue. Pourquoi parmi tous les chefs d’Etat, c’est lui dont le discours aurait été enregistré pendant le huis-clos de la Cedeao puis diffusé sur les médias sociaux ? Pourquoi est-il le seul chef d’Etat en exercice au sein de la Cedeao dont une conversation téléphonique privée se retrouverait ainsi sur la place publique ? Le président du Rhdp devrait se poser les bonnes questions, et surtout trouver les bonnes réponses.

Cissé Sindou   

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