Lutte contre la cherté de la vie : les mesures du gouvernement peuvent-elles efficacement résoudre le problème ?





lutte-contre-la-cherte-de-la-vie-les-mesures-du-gouvernement-peuvent-elles-efficacement-resoudre-le-probleme


La vie en Côte d’Ivoire est devenue chère. Les populations étouffent sous le poids des prix des denrées alimentaires et autres produits qui ont connu une hausse vertigineuse. Lasses de se terrer dans un mutisme, elles ont commencé à donner de la voix. Des marches ont même été annoncées. Des débats télévisés ont été consacrés au problème.
Face à la grogne, le gouvernement a arrêté des décisions visant, selon lui, à lutter efficacement contre la cherté de la vie de manière pérenne. Il a décidé d’encadrer les prix des produits de consommation de première nécessité (riz, viande de bœuf, huile de palme raffinée, farine…), de renforcer la surveillance du marché par le contrôle de l’affichage des prix et le contrôle des prix règlementés, d’intensifier de la communication sur les prix et les actions menées dans le cadre de la lutte contre la vie chère. Il a arrêté aussi la révision de la norme ivoirienne sur le pain par l’autorisation d’introduction d’autres implants produits localement pour diminuer la teneur en blé sans affecter la qualité du pain, la faciliter du retour des bouviers qui convoient le bétail du Mali et du Burkina Faso, l’installation des comités locaux de lutte contre la vie chère et l’intensification de la lutte contre le racket sous toutes ses formes.
Noble initiative, à première vue. Mais, à y voir de prêt, il n’y a rien de nouveau.

A lire également : Distinction du président du FPI en qualité d'ambassadeur de la paix : L’intégralité du discours de Affi N’Guessan à Yamoussoukro

À part une ou deux mesures, toutes les autres existaient déjà et entre dans le cadre normal de régulation du marché. Le hic, c’est que, bien qu’ayant été décidées, ces mesures n’ont jamais été appliquées. Pourquoi le seraient-elles aujourd’hui ? Sans vouloir jouer les empêcheurs de tourner en rond, il faut reconnaître qu’il y a de réelles raisons de douter. A moins que le gouvernement ne décide d’adopter une autre approche pour l’application de ces décisions, on continuera de subir le dictat des commerçants véreux.
Il est donc temps de prendre la résolution claire et nette de lutter contre la fixation anarchique des prix. Rien n’est impossible. Bien au contraire. On sait tous que tenter de faire du neuf avec du vieux n’a rien donné comme solution efficace jusqu’ici. Prendre des décisions est bon. Les faire appliquer est mieux.

Modeste KONE

En lecture en ce moment

Autosuffisance en riz : de nombreux défis à relever (Ministre)

Un mois après sa fermeture, la clinique Le Grand Centre rouverte