Réforme électorale : Simone Gbagbo appelle au dialogue politique pour préserver la paix et la crédibilité des élections
L’opposition réclame toujours le dialogue politique avec le gouvernement
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La porte-parole d’une coalition de l’opposition ivoirienne, Simone Ehivet Gbagbo, a réaffirmé, jeudi 22 octobre 2026, à la Maison du parti à Abidjan, la nécessité d’un dialogue politique sur la réforme du système électoral et la mise en place du nouvel organe appelé à remplacer la Commission électorale indépendante (CEI), estimant que cette démarche constitue « un acte de responsabilité civique et un devoir envers le peuple ivoirien ».
S’exprimant lors d’une conférence de presse des partis politiques de l’opposition, Mme Gbagbo a déploré le rejet, par le gouvernement, de l’appel au dialogue politique formulé par l’opposition, une position exprimée le mercredi 14 octobre par le porte-parole du gouvernement, au nom du bon fonctionnement des institutions.
Pour la porte-parole de l’opposition, cette attitude ne favorise pas la recherche d’un consensus autour des règles électorales, alors que la Côte d’Ivoire doit, selon elle, tirer les leçons de ses expériences passées afin de construire un système électoral garantissant la paix, la sécurité, la justice et la transparence.
Elle a notamment évoqué les démarches entreprises par le gouvernement, rappelant l’invitation du Premier ministre à une séance de travail avec les partis politiques, le 22 juin, ainsi que la demande formulée, trois mois plus tard, par le ministre de l’Intérieur, de transmettre des propositions par écrit. Elle a regretté que ces initiatives n’aient pas, à ses yeux, débouché sur un véritable cadre d’échanges.
Simone Gbagbo a insisté sur l’urgence du dialogue, en mettant en avant trois raisons principales : la préservation des vies humaines, le respect des valeurs culturelles ivoiriennes et la recherche d’une légitimité plus forte des institutions.
Évoquant les violences qui ont marqué plusieurs échéances électorales dans le pays, elle a estimé qu’il est indispensable de prévenir les tensions plutôt que d’attendre que des drames surviennent. « Le rôle d’un gouvernement responsable, c’est d’éviter le pire avant qu’il ne soit trop tard », a-t-elle soutenu.
La porte-parole de l’opposition a également rappelé l’importance du dialogue dans la tradition politique ivoirienne, citant l’ancien président Félix Houphouët-Boigny, qui considérait que « le dialogue est l’arme des forts ».
Sur la question de la légitimité institutionnelle, elle a soutenu que le bon fonctionnement des institutions ne devrait pas empêcher le pouvoir de consulter les partis politiques, les syndicats, les organisations professionnelles et les composantes de la société civile, afin de parvenir à un consensus national.
Selon elle, la confiance des acteurs politiques dans les règles électorales constitue une condition essentielle à la tenue de scrutins apaisés. Cette confiance, a-t-elle affirmé, ne peut être imposée par l’administration, mais doit se construire dans la transparence et la concertation.
Au nom du groupement initiateur du projet du Haut Conseil électoral (HCE), de la Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI) et de l’Alliance pour la démocratie et la citoyenneté (ADCI), Simone Gbagbo a lancé un nouvel appel solennel au président de la République et au gouvernement, les exhortant à ouvrir sans délai des discussions avec l’opposition et la société civile.
L’objectif, a-t-elle indiqué, est de parvenir à la mise en place d’un organe électoral impartial, crédible et transparent, capable de renforcer la confiance entre les acteurs politiques et de préserver la paix en Côte d’Ivoire.
Lambert KOUAME
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