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IA et journalisme : Dr Kouamé William Yoboué, expert propose un nouveau contrat social
Aujourd'hui, 06:46

Dr Kouamé William Yoboué appelle à un usage éthique et responsable de l’IA dans les médias

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Un nouveau contrat social fondé sur la responsabilité entre les médias, les journalistes et les concepteurs d’intelligence artificielle (IA) s’impose pour encadrer l’utilisation de ces technologies dans le secteur de l’information, a estimé, jeudi 13 août 2026 à Abidjan-Cocody, Dr Kouamé William Yoboué, enseignant-chercheur, expert en intelligence artificielle.

S’exprimant à l’occasion de la 42e session de formation de l’« ANP Academy », tenue au siège de l’Autorité nationale de la presse (ANP), Dr Yoboué a présenté les enjeux liés à l’utilisation de l’IA dans le journalisme, notamment en matière d’éthique, de responsabilité et d’innovation.

Organisée autour du thème « Le journaliste face à l’intelligence artificielle : entre éthique, responsabilité et innovation », cette session visait à permettre aux professionnels des médias de mieux comprendre le fonctionnement de l’IA, ses applications dans le journalisme ainsi que les défis éthiques liés à son utilisation.

Pour Dr Kouamé William Yoboué, enseignant-chercheur à l’ISTC Polytechnique, l’intelligence artificielle doit être considérée comme « une assistante » du journaliste et non comme un substitut à son jugement professionnel.

Les IA génératives peuvent notamment produire des textes, des sons, des images et des vidéos, offrant ainsi aux médias de nouvelles possibilités dans la production et le traitement de l’information.

Le conférencier a relevé plusieurs avantages liés à l’utilisation de ces outils, notamment le gain de temps, la réduction des contraintes géographiques et la possibilité de réaliser des économies. L’IA peut également faciliter la recherche documentaire, la veille informationnelle, la transcription des interviews, l’analyse des données et l’identification des tendances.

Ces outils peuvent, selon lui, contribuer à l’innovation dans les médias à travers le développement de nouveaux formats, notamment les podcasts, les infographies, les traductions et les vidéos explicatives.

Toutefois, cette évolution technologique comporte également des risques, a-t-il relevé, citant notamment la dépendance aux données, le manque de transparence des algorithmes, la protection des données personnelles et la désinformation.

Face à ces défis, Dr Yoboué a insisté sur la nécessité de maintenir l’éthique journalistique au cœur de l’utilisation de l’IA. Le journaliste doit continuer à rechercher, traiter et vérifier les informations avant leur diffusion, afin de préserver la crédibilité de l’information.

La vérité, l’intégrité de l’information, l’indépendance, le respect de la dignité humaine et la responsabilité sociale doivent ainsi demeurer les principales valeurs guidant l’utilisation de l’IA dans le journalisme.

Pour répondre à ces nouveaux enjeux, le spécialiste a proposé la mise en place d’un « nouveau contrat social » associant trois acteurs : l’organe de presse, le concepteur de l’IA et le journaliste utilisateur.

Dans ce modèle, l’organe de presse devrait notamment disposer d’un spécialiste du fact-checking, tandis que le concepteur de l’IA aurait la responsabilité de mieux paramétrer les outils proposés. Le journaliste, pour sa part, devrait utiliser ces technologies dans le respect des valeurs éthiques de sa profession.

Ce contrat social devrait également reposer sur la transparence des algorithmes, la vérification des informations, la fiabilité des contenus produits et une responsabilité juridique partagée entre les différents acteurs.

Pour Dr Yoboué, la mise en place d’une régulation adaptée ne devrait pas être perçue comme un obstacle à l’innovation. Un cadre clair pourrait, au contraire, favoriser la recherche et le traitement de l’information tout en permettant aux médias d’explorer de nouveaux formats journalistiques.

Il a, à cet égard, appelé les professionnels des médias à privilégier un usage de l’IA fondé sur la transparence, la vérification humaine, la protection des sources et des données, le respect des droits d’auteur et la préservation de l’indépendance éditoriale.

En définitive, Dr Kouamé William Yoboué a plaidé pour le développement d’une véritable éthique de l’intelligence artificielle dans les médias, afin d’accompagner l’émergence d’une société de l’information plus équitable, transparente et respectueuse des droits individuels et collectifs.

Lambert KOUAME

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