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Ouganda : l’élection présidentielle perturbée par l’ouverture tardive des bureaux de vote
Hier, 19:57

Une élection sous climat tendu entre l'opposition et le pouvoir en place depuis plus de 20 ans

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L’Ouganda vote ce jeudi 15 janvier pour une élection présidentielle et législative sous haute tension, opposant le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis plus de trente ans et candidat à un septième mandat, à son principal challenger, Bobi Wine, déterminé à empêcher une nouvelle reconduction du chef de l’État.

Dès les premières heures du scrutin, de graves dysfonctionnements ont été signalés, notamment à Kampala, où de nombreux bureaux de vote n’ont pas ouvert plusieurs heures après l’heure officielle. L’opposition dénonce une stratégie volontaire du pouvoir. « Le seul endroit où le vote a démarré à 7 heures est là où les militaires votent. Ailleurs, il n’y a pas de vote, le matériel n’est pas arrivé dans 99 % des bureaux », a affirmé le secrétaire général de la Plateforme de l’unité nationale (NUP), David Lewis Rubongoya, interrogé par l’AFP. Ce dernier dénonce une action « délibérée ».

Même accusation du côté de l’équipe de Bobi Wine. Son avocat, George Musisi, également, estime que ces retards sont « délibérés afin de garantir un taux de participation très faible ».

Ancien chanteur de raggamuffin devenu figure politique majeure, Bobi Wine, 43 ans, se présente comme le « président du ghetto », en référence à son quartier natal dans un bidonville de Kampala. Après avoir voté sous forte protection sécuritaire, il a dénoncé des « problèmes techniques parmi d’autres irrégularités » entachant le scrutin.

En milieu de matinée, après de longues attentes, certains électeurs ont pu voter, mais le scrutin restait perturbé par des pannes des machines biométriques, probablement liées au blocage d’Internet imposé par les autorités. Le président Museveni lui-même a reconnu des difficultés : « J’ai mis l’empreinte de mon pouce droit. La machine ne l’a pas acceptée. Alors j’ai mis le gauche. Elle ne l’a pas acceptée », avant de préciser que « les machines fonctionnaient dans certains endroits, mais pas dans d’autres ».

À 81 ans, l’ex-guérilléro semble en position de force après six mandats, contrôlant étroitement l’appareil électoral et sécuritaire. L’ONU décrit néanmoins un climat électoral « marqué par une répression et une intimidation généralisées ». Selon Amnesty International, au moins 400 partisans de Bobi Wine ont été arrêtés durant la campagne, poussant l’opposant à apparaître régulièrement vêtu d’un gilet pare-balles.

 

Autre principal figure de l’opposition, Kizza Besigye, candidat à quatre reprises face à Museveni, a été enlevé en 2024 au Kenya avant de réapparaître devant une cour martiale en Ouganda, où il reste détenu pour des accusations de trahison.

Dominique Kobaa

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