Romaric Dessoa, secrétaire administratif de l’École doctorale Sociétés, Communication, Arts, Lettres et Langues (Scall), a franchi une étape majeure de son parcours académique. Il est désormais Docteur en Criminologie, option psychologie criminelle, après avoir validé sa soutenance de thèse unique avec la mention « très honorable ». La présentation s’est déroulée le mardi 25 novembre 2025, au département de Criminologie de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody, devant un jury d’experts présidé par le Pr Azoh François Joseph. Le nouveau docteur a été encadré par le Pr Koudou Opadou.
Ses travaux de recherche ont porté sur le thème : « Représentations sociales et pratiques de consommation des médicaments de la rue des populations d’Adjamé et de Cocody (Abidjan) ». L’étude s’intéresse à la persistance de la consommation de médicaments de la rue et aux représentations sociales qui influencent, justifient ou découragent le recours à ces produits pharmaceutiques non officiels.
Selon Dr Dessoa, les représentations sociales renvoient aux idées, croyances, valeurs et opinions partagées par une communauté. Elles façonnent la manière dont les individus perçoivent et interprètent un phénomène, en l’occurrence les médicaments de la rue et leurs modes de consommation. Il explique également que les « pratiques de consommation » désignent un ensemble de comportements routiniers intégrant activités quotidiennes, savoir-faire, états émotionnels et motivations. Ces pratiques reflètent les usages habituels observés dans le district d’Abidjan.
Dans son travail, le chercheur rappelle la définition officielle du médicament selon la Directive 2001/83/CE de l’Union européenne, qui englobe toute substance présentée comme ayant des propriétés curatives, préventives ou diagnostiques.
Les résultats de sa thèse montrent que les médicaments de la rue sont perçus comme une solution accessible, particulièrement par les populations à faibles revenus. Toutefois, ils sont majoritairement identifiés comme des produits périmés, falsifiés ou détournés de leur usage, présentant des dangers réels pour la santé. Dr Dessoa souligne également le paradoxe entre l’interdiction officielle de ce commerce et son omniprésence dans la vie quotidienne.
Parmi ses recommandations, il propose de démystifier les croyances sur l’efficacité de ces produits à travers des campagnes médiatiques, de créer des pharmacies communautaires à bas prix et d’intégrer l’éducation sanitaire dans les programmes scolaires.
GZ
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