Poulet piquet, poisson braisé, shoukouya/Le DG de la Sodefor formel : "Ce n’est pas avec tous les bois que l’on doit cuire les aliments"





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En marge de l’édition 2019 de la soirée des Ebony à Yamoussoukro le 18 janvier dernier, l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) a convié les journalistes à une sortie découverte  dans la forêt de la Tené, une forêt classée située à quelques encablures de la commune d’Oumé.
A cet effet, le DG de la  Société de développement des forêts (Sodefor), M. Sangaré Mamadou a averti sur le risque d’utiliser tous les bois pour la cuisson des repas.
Pour lui, la consommation de poissons braisés, poulets braisés, bananes, brochettes et autres ignames braisées cuits avec des bois non appropriés  a des répercutions néfastes sur la santé de l’homme, allant jusqu’à la mort. 
En fin connaisseur, M. Sangaré a expliqué que les repas dont les cuissons se font en contact direct avec le feu de bois ou le charbon, issus du bois bété, du bois vert de l’hévéa,  du tali de forêt et de savane peuvent  causer le cancer aux consommateurs, si certaines règles ne sont pas respectées car ce sont  des bois très toxiques qui agissent sur le cœur de l’homme, pouvant entrainer sa mort
Selon lui, tous les charbons sont cancérigènes à cause du carbone qui se dépose sur les aliments lors du fumage et/ou des grillades. La fumée dégagée provoque des difficultés respiratoires et des baisses de la vue au niveau des ménagères selon le rapport de l’Agence nationale de sécurité alimentaire. Il a donc conseillé d’éviter cette forme de cuisson.  
"Environ 400.000 tonnes de charbon de bois sont produits chaque année dont 200 à 250.000 tonnes sont consommées uniquement par la seule ville d’Abidjan. La tendance à la coupe du bois vert pour la carbonisation se répand de plus en plus", a-t-il fait savoir.

Une population ignorante


Ces informations nous ont menées à faire une enquête au sein de la population abidjanaise essentiellement,  sur la question.
Nombreux sont les Ivoiriens qui apprécient le poisson braisé, le poulet braisé, l’igname, la banane braisée, les brochettes de viande mais qui ignorent les effets de la toxicité du charbon utilisé, sur leur santé. Même s’ils savent vaguement que les aliments cuits en contact direct du charbon contiennent des éléments cancérigènes. 
Mme Koné, ménagère à Adjamé explique qu’elle utilise le charbon de bois pour cuire les aliments de sa famille. Malheureusement, elle dit ne pas savoir le risque auquel elle expose son époux et ses enfants.
Même son de cloche auprès de M. Arouna, vendeur de poulet braisé au marché de nuit de Port-Bouët.
"Nous achetons le bois que nous utilisons pour braiser les poulets. Nous prenons soin de choisir le bois bien sec pour avoir plus de flamme et évitons les dépôts de carbone qui se dépose sur la grille sur lequel nous braisons. Nous avons conscience aussi que nous devons faire attention au bois que nous utilisons", a-t-il fait savoir.
Pour dire qu’ils savent  que  la cuisson d’aliments à des températures élevées, en particulier en contact direct avec la flamme, conduit à la formation en surface de composés chimiques dont certains comme les Hydrocarbures aromatiques polycycliques (Hap) qui ont des propriétés cancérigènes.
 S’il est vrai que les populations ont besoin du charbon de bois pour cuire les aliments surtout avec les différentes méthodes culinaires, celles-ci doivent éviter par exemple le bois frais utilisé pour fumer le poisson. 
Un rapport  produit par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) et la Commission de la sécurité des consommateurs sur le sujet précise que la source majeure de contamination des denrées alimentaires est liée aux procédés de traitement thermique des aliments. 
Le charbon en tant qu’entité est un très bon médicament. Mais c’est sa mauvaise utilisation dans la confession des plats, qui pose problème. Notons que les aliments les plus nocifs sont ceux qui sont directement fumés et braisés (poissons fumés et divers poulets et poissons dits «piqués») avec du bois d’hévéa coupés verts (la pyrolyse, c’est-à-dire la carbonisation réduisant la nocivité avec possibilité d’évaporation de certaines composantes chimiques).
Solange ARALAMON

 

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