Vente de mèches « humains » : un commerce très juteux dans l’industrie capillaire en Côte d’Ivoire





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La vente de mèches « humains » est devenue un maillon essentiel et très juteux dans l'industrie capillaire. Imitant à la perfection le cuir chevelu humain grâce à une étoffe de tulle (appelée couramment lace ou dentelle) sur laquelle sont généralement implantées, une par une, des mèches humaines de diverses origines (brésiliennes, péruviennes, indiennes, cambodgiennes, etc.).
La pose de mèches « humains » est une tendance qui vient des Etats-Unis. Elle est accessible en Côte d’Ivoire depuis plus de dix ans maintenant. Elle est en vogue et est très prisée par le gente féminine.
En plus d’être un accessoire de beauté, les perruques aux mèches « humains » en provenance d’Asie, principalement, représentent aussi, pour beaucoup de femmes, un signe extérieur de richesse. Car, les prix vont de 60.000 FCFA (équivalent du salaire minimum interprofessionnel garanti en Côte d’Ivoire) à plus de 350.000 FCFA. Soit des coûts valant jusqu’à 40 fois les mèches synthétiques produites dans les usines du pays.
Plus de 40 millions d'unités de boule de mèches de ce type, selon un magazine international en ligne, sont consommés chaque année. Ce qui équivaut, indique la même source, à une dépense de 500 millions de FCFA en Côte d’Ivoire, soit 15 % des revenus des femmes.
Un résultat qui met la consommation des mèches à la troisième position des dépenses après l’alimentation et les vêtements, selon des données officielles rapportées à la télévision nationale dans son magazine économique Made in africa.
De nos jours, être belle et coquette est inconcevable sans les mèches pour les femmes modernes. Ce besoin quotidien de se faire une beauté et de se sentir différente pousse certaines femmes à se lancer dans l’achat de mèches à des coûts démesurés, allant jusqu’à s’offrir une perruque de plus de cinq cent mille FCFA. Car, « plus les mèches sont chères, plus elles (les femmes) sont respectées », confie Kouassi Henriette épouse Aké, propriétaire d’un salon de coiffure à Yopougon-Sideci.
« Parfois, il y a des clientes qui viennent avec des mèches de plus des 300 milles pour se faire tisser. Et moi, je n’y trouve pas d’inconvénients. J’ai des mèches très chères que je porte lors de grandes occasions. Nous, les femmes, le seul moyen qu’on a de se faire respecter par notre entourage, c’est l'apparence qu’on présente », a-t-elle soutenu.
La pose d'extension ou de perruque qui garantit un effet naturel même après plusieurs utilisations et permet d'être belle et appréciée en un temps record, apporte non seulement satisfaction à la clientèle, mais aussi représente une véritable source de revenu pour les entrepreneurs de ce secteur qui s’attribuent, selon le même magazine international de mode, jusqu’à 7,5 milliards de dollars de dépense par an en Afrique.
Florencia GUEU(stagiaire)

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