Région du Gôh : Les vendeurs de journaux et leurs familles broient du noir





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Les journaux ne se vendent pas bien en ce moment à Gagnoa, capitale de la région du Goh. C'est essentiellement ce qui ressort d'un échange ce jeudi 22 septembre 2022, avec Ibrahim Bah et Alain Yao, vendeurs de journaux dans la cité du fromager depuis belle lurette.

Selon ces deux hommes, par semaine, leur chiffre de vente de journaux tourne entre 120 000 et 200.000FCFA. Ce qui n'était pas le cas il y a deux ans en arrière. En 2020, ils parvenaient à réaliser un chiffre d’affaires avoisinant la somme de 800.000 FCFA par semaine. La baisse drastique de leur chiffre de vente n'est pas sans raison. 

Ils expliquent la mévente des journaux par le retard avec lequel les journaux sont livrés à Gagnoa par les chauffeurs de la Poste.

Si autrefois les journaux étaient disponibles au marché à partir de 10h. Aujourd'hui, les vendeurs de journaux attendent jusqu'à 13h voire 14h pour apercevoir le véhicule transportant les journaux en provenance d'Abidjan pointer le nez à Gagnoa. 

Les chauffeurs s'excusent en indexant les pannes mécaniques. A leur arrivée au quartier commerce où se trouvent la majorité des points de vente de fortunes de journaux, les clients fatigués de patienter n'y sont plus.

Une autre raison est que « les lecteurs hésitent à acheter les journaux à cause de leur contenu qui provient très souvent des réseaux sociaux. Il n'y a plus d'enquêtes, d'interviews et d'analyses percutantes dans les canards ivoiriens ». 

Beaucoup de lecteurs doutent de la véracité des informations publiées de nos jours dans les journaux. Cela à cause de la neutralité qui n'est plus de mise dans la pratique journalistique car les journaux sont pour la plupart adossés à un parti politique.

La ville de Gagnoa compte actuellement 11 vendeurs de journaux dont deux sont ambulants. Tous disent broyer du noir à cause de la mévente des journaux. Ils ont de sérieux problèmes pour scolariser leurs enfants, pour payer leurs loyers et s'offrir à manger avec leurs familles.

Ils souhaitent que les autorités du secteur de la presse revoient à la hausse leur taux d’intérêt qui est fixé depuis longtemps à 10%. Ils souhaitent également que leur condition de travail soit améliorée. C'est sans parasol que bon nombre d'entre eux exposent les journaux sur des cordes et du bois. 

Touré Boa 

Correspondant régional 

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