Cop 15 : Portée et impact de « L’Initiative d’Abidjan »





cop-15-portee-et-impact-de-linitiative-dabidjan

Le premier Ministre Patrick Achi lors de l'ouverture de la COP 15



Lors du sommet des Chefs d’État, dans le cadre de la 15e Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, le président ivoirien Alassane Ouattara a expliqué que les résolutions aboutiront à « l’Initiative d'Abidjan" ou "Abidjan Legacy Program ». Une Initiative qui devrait permettre de préserver et de restaurer les écosystèmes terrestres, d'exploiter et gérer de façon durable les forêts, de lutter contre la désertification, d’enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et de mettre fin à l'appauvrissement de la biodiversité. 

De quoi s’agit-il  en réalité?

 

L’initiative d’Abidjan est une réponse de la Côte d’Ivoire à la problématique abordée par la Cop 15. Elle a pour objectif de mobiliser entre 600 millions et 1 milliard de dollars auprès des bailleurs de fonds, lors de la Cop 15, pour restaurer les terres dégradées et augmenter durablement la production agricole en Côte d’Ivoire à l’horizon 2030-2050. Elle devrait donc contribuer à un changement structurel de l’économie agricole ivoirienne et à la croissance économique, tout en réduisant les niveaux de pauvreté dans les zones rurales.

 

L’initiative d’Abidjan vise à l’accroissement exponentiel de la production agricole (rente et vivrier) durable à l’échelle de la Côte d’Ivoire et de la sous-région, tout en préservant les fonctions écosystémiques des sols et autres facteurs de production. Elle a pour but  d’améliorer la fertilité des sols et la production agricole, de débloquer le potentiel économique des sols de notre pays et aboutir à la création d’emplois pour les jeunes, d’améliorer des revenus pour les femmes qui produisent près de 80% du vivrier, mais qui ne gagnent pas grand-chose, et la redistribution de la richesse dans les zones rurales où l'on observe des niveaux de pauvreté surprenants.

Car, selon les experts du système des Nations Unies, ce sont environ 60% du territoire ivoirien et près de 100% de la partie Nord du pays qui sont affectés par la problématique des terres dégradées. Cette situation qui affecte la productivité et la fertilité de ces sols, menace fortement la sécurité alimentaire du territoire national. Pourtant, l’agriculture constitue un pilier majeur de l’économie de la Côte d'Ivoire et représente près du quart (1/4) du Produit intérieur brut (PIB) et plus de 75% des exportations. Elle est le principal moyen de subsistance de 2/3 des ménages en Côte d’Ivoire et emploie près de 70% de la population active.

 

L’initiative d’Abidjan est l’occasion pour la Côte d’Ivoire et l’ensemble des pays de sensibiliser aux solutions et à la nécessité de réhabiliter les terres dégradées. Elle permettra de soutenir la durabilité environnementale des principales chaînes d’approvisionnements de produits de base tout en protégeant et en restaurant les forêts et les terres, en promouvant les moyens de subsistance des agriculteurs et en améliorant la résilience des communautés face au changement climatique.

L’organisation par la Côte d’Ivoire de la 15ème Conférence des Parties sur la désertification et la sécheresse (COP15) à Abidjan, du 09 au 20 mai 2022, constitue le prolongement d’un engagement constant du pays dans la recherche de solutions contre la dégradation des sols.

 

La COP 15, évènement historique qui accueille plus de 5 000 participants issus de 197 pays, sera marquée par deux grands sommets. L’Ancienne ministre ivoirien des eaux et forêts a été nommé président de la COP 15.

Solange ARALAMON

Partarger cet article

En lecture en ce moment

Prix du reporter Lafarge Holcim : C’est parti pour la 2e édition

Elections présidentielles de 2020, Ouattara met en garde : " Je n’accepterai pas le désordre"