GPS et Soro, le refus d’une mort programmée







Autant Laurent Gbagbo a regagné la Côte d’Ivoire blanchi par la CPI, autant Guillaume Soro regagnera son pays blanchi par la justice internationale.

Beaucoup de questions traversent l’esprit de nombreux de Soroïstes. Quel avenir politique pour leur leader exilé en Europe et condamné à la prison à vie par la justice ivoirienne ? Que deviendra leur mouvement, Générations et Peuples Solidaires (GPS), dissous en première instance par la même justice ? Guillaume Soro parviendra-t-il à braver le pouvoir Rhdp qui manifestement veut l’éloigner du jeu politique ivoirien pour longtemps ?

Guillaume Soro. Interrogé au mois de février dernier par Générations Nouvelles, le président de GPS a prophétisé : « Ma vocation est de mourir sur la terre de mes ancêtres et c’est légitime. Vous ne croyez pas ? ». Au cours de la même interview, l’ex-président de l’Assemblée nationale a réitéré sa détermination à diriger la Côte d’Ivoire pour apporter une   gouvernance différente. « Une offre différente déjà parce que nous sommes nouveaux sur la scène et évidemment ne sommes pas identiques aux autres. Ce qui se fait actuellement a échoué à amener la Côte d’Ivoire à l’émergence et pourtant promise. C’est l’heure de la désillusion pour ceux qui y avaient cru. En ce sens, notre projet de société est totalement différent. Il est créatif et innovant », promet Guillaume Soro.  

Face à l’acharnement judiciaire que lui vaut cette ambition, il a choisi la résilience et la combativité jusqu’au bout. C’est par cette voie que Laurent Gbagbo, dont le régime d’Alassane Ouattara espérait se débarrasser pour de bon en le remettant en 2011 à la CPI, a réussi à retrouver aujourd’hui sa place dans l’arène politique ivoirienne. Et, dans ce type de combat, le leader a un rôle à jouer, ce que fait déjà remarquablement Guillaume Soro par sa ténacité et son don de soi, mais le plus grand rôle revient à ceux et celles qui croient en la lutte menée par leur leader.

En ce qui concerne les militants et sympathisants de GPS, ce rôle les appelle à un activisme constant certes sur les médias sociaux, mais aussi et surtout sur le terrain. Chacun dans son entourage doit être un émissaire du président de GPS. Voici pourquoi nous avons été très heureux d’entendre la Coordinatrice de GPS Côte d’Ivoire présente le 12 août dernier au siège de votre journal, affirmer que malgré la décision de sa dissolution rendue le 23 juin par le tribunal criminel d’Abidjan, et suite à l’appel interjeté par les avocats, GPS continue de fonctionner. Le mouvement continue d’aller à la rencontre des Ivoiriens, assure Anne Marie Bonifon qui, toutefois, souligne que la stratégie a changé pour s’adapter au contexte nouveau… Quelques jours avant, Kouablan Messou, porte-parole de Guillaume Soro, donnait la même assurance dans les colonnes de Générations Nouvelles. Ces déclarations, sans oublier le message de galvanisation lancé à Paris par le Directeur de la communication de Guillaume Soro, Moussa Touré, sont corroborées par plusieurs activités de la CMA-GKS, JKS, R-GPS, FMS et bien d’autres organisations proches de GPS et actives aussi bien sur le territoire ivoirien qu’à l’extérieur. L’enrôlement des adhérents a aussi repris de plus belle avec l’activiste Souley de Paris.  

Tout en vendant l’offre politique de Guillaume Soro, les actions de masse ou de corps-à-corps doivent pouvoir expliquer au reste des Ivoiriens que l’ancien Premier ministre ivoirien n’est pas le criminel qui est présenté par le régime d’Alassane Ouattara. Bien au contraire, il milite depuis de longues années pour le pardon, la paix, la réconciliation et l’unité des fils et filles de la nation ivoirienne. C’est pour des raisons politiciennes que des accusations ont été fabriquées-le mot n’est pas assez fort-contre lui par le pouvoir, parce qu’il gène. Saisie, la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), ayant constaté les dessous politiciens des poursuites engagées par la justice d’Abidjan, a exigé la suspension du mandat d’arrêt émis contre lui, de même que la libération de ses proches incarcérés. Certes, cette décision et bien d’autres rendues par la Cour Africaine en faveur de l’ex-PAN sont jusqu’à ce jour piétinées par le pouvoir Rhdp, mais elles finiront par prévaloir, comme l’est aujourd’hui l’acquittement de Charles Blé Goudé et de Laurent Gbagbo libre de ses mouvements et de ses paroles sur le territoire ivoirien.

Cissé Sindou

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