Le gros piège de Gbagbo







Le constat qui se dégage est clair. Henri Konan Bédié est en train de tomber dans le gros piège que lui a tendu Laurent Gbagbo depuis sa tanière bruxelloise. Point besoin de lire dans une boule de cristal pour le comprendre. L’observation des actes, faits et gestes du président du Pdci permet aisément de comprendre que le schéma de 2000 est progressivement en train de se mettre en place.

En effet, sous la transition militaire, le chef de la junte s’était laissé manipuler par Laurent Gbagbo qui lui avait demandé d’invalider la candidature de tous les candidats sérieux. Ouattara, Bédié, Bombet, Lamine Fatiga, Edjampan ont été éliminés sans bruit. Assuré du soutien de Gbagbo, Guei Robert s’est fait rafler la mise à la dernière minute. La suite de l’histoire est connue de tous. Gbagbo est devenu président de la République à l’issue d’une élection calamiteuse et Guei Robert a été chassé du pouvoir comme un malpropre

20 ans plus tard, Gbagbo est en train de ressayer ce qu’il avait expérimenté avec brio sous la Transition. Cette fois, c’est Bédié qu’il a décidé de tromper. Au lieu d’appeler ses partisans à soutenir le candidat du Pdci au nom du principe de l’alliance politique qu’ils ont nouée, il l’invite plutôt à boycotter les élections et à créer la chienlit dans le pays.

Il a presque réussi à sortir le parti doyen de la Cei. Il a convaincu Bédié de se retirer de la présidentielle du 31 octobre avec la promesse de le soutenir pour faire de lui le prochain président de la République dans le cadre d’une hypothétique Transition qui s’ouvrirait après le 31 octobre.

Dans ses méthodes connues de tous, Gbagbo est en train de multiplier ses orateurs dans l’unique intention de montrer à l’opinion qu’ils sont nombreux. Alors qu’il n’en est rien en réalité. Après son épouse Simone Gbagbo qui a donné le ton, Assoa Adou et Armand Ouegnin ont donné de la voix. Il a fallu recruter également Guillaume Soro que Gbagbo refusait de prendre au téléphone depuis des années pour amplifier le discours des Gbagbo ou rien (Gor). Juste pour ce service minimum, Soro se donne l’illusion qu’il est devenu incontournable et très important alors que personne n’a confiance en lui au sein de la coalition des opposants. Il faut maintenant s’attendre à la partition des Ong inféodées à l’opposition qui croient naïvement que leur jeu partisan est caché.

Avec sa ‘‘télécommande’’, Gbagbo est en train de manœuvrer pour obtenir une transition politique en Côte d’Ivoire en vue de se remettre au centre du jeu politique et arracher à Bédié le fauteuil de leader de l’opposition. Il évite de donner de la voix comme Blé Goudé et fait croire qu’il est au-dessus de la mêlée alors qu’en réalité, c’est lui qui tire toutes les ficelles. Gbagbo ne veut pas d’une élection qui va mettre fin à ses rêves de redevenir Président en octobre. Malheureusement, au moment où Bédié se rendra compte qu’il s’est laissé manipuler comme Guéi Robert, il sera trop tard.

Mais, ils ont tout prévu sauf, la réaction du Rhdp qui, pour rien au monde, n’entend reporter ces élections pour faire le lit de l’opposition. En tout état de cause, se cacher derrière les brûleurs de bus et pneus, sans lancer un mot d’ordre clair, ne saurait ébranler le régime d’Abidjan qui entend tout mettre en œuvre pour maintenir la paix et la cohésion.

S W

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