Allah-Kouadio Rémi (vice-président du PDCI-RDA) : "la construction de la Côte d’Ivoire va se poursuivre sous Bédié"





Bédié,Henri Konan Bédié,Allah-Kouadio Rémi,PDCI,PDCI-RDA


1. Monsieur le ministre, pouvez-vous vous présenter ?

 

Je m’appelle Allah-Kouadio Rémi. Je suis pharmacien de profession. Profession pharmaceutique au sein de laquelle j’ai exercé des responsabilités syndicales, ordinales et associatives.
Je suis également un homme politique qui a été au Parlement pendant 20 ans en qualité de Député (circonscription de Toumodi) où il a occupé quelques fonctions, notamment celle de vice-président de l’Assemblée nationale. Je fus aussi membre du gouvernement pendant 10 ans principalement comme ministre de la Santé et ministre de l’Environnement.
Aujourd’hui, je suis vice-président du PDCI-RDA et président de l’Association des élus et cadres PDCI du grand centre.

2. Quel caractère revêt l’investiture du président Bédié ?
Depuis 1999, le PDCI-RDA a quitté le pouvoir à cause d’un coup d’État injustifié dont nous subissons les conséquences à ce jour. En 2015, le PDCI-RDA a volontairement renoncé à être candidat suite à l’appel de Daoukro. Cette investiture de 2020 revêt donc, pour moi, un caractère historique car elle apparaît à mes yeux comme le point de départ du retour du PDCI-RDA au pouvoir d’État après les 20 années difficiles pour la Côte d’Ivoire.

3. M. le ministre, pourquoi le choix du président Bédié pour porter l’étendard de votre parti le PDCI-RDA, à 86 ans est-il l’homme de la situation ?
Oui votre question est légitime et je dois reconnaître que ce ne fut pas une décision aisée au niveau des différentes instances du parti, car voyez-vous, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le président Bédié n’a rien sollicité et il y a eu débat au niveau des Entités de la haute direction du parti. Notamment, le collège des vice-présidents, le comité des sages et le secrétariat exécutif.
Pendant des semaines, chaque entité a réfléchi, argumenté, contre-argumenté en son sein et lorsque nous nous sommes retrouvés ensemble, vice-présidents, Comité des sages et Secrétariat exécutifs, nous avons fait le constat suivant : la Nation ivoirienne est divisée, voir émiettée. Les familles, les communautés, les partis politiques sont divisés lorsqu’ils ne sont pas opposés les uns les autres. Dans une telle situation, chacun a sa part de responsabilité y compris le PDCI-RDA. Mais force est de reconnaître que la gouvernance du pouvoir en place ces deux dernières années en a rajouté aux divisions. La disparition de l’état de droit, le concept du tabouret, la violence excessive vis-à-vis des opposants ; notamment, les arrestations et emprisonnements abusifs de citoyens et de députés, ont bouleversé les rapports humains entre habitants de ce pays. Alors cette conclusion s’est imposée à nous : plus que de tout, c’est d’une réconciliation réussie et effective dont la Côte d’Ivoire a le plus besoin actuellement. C’est un préalable à tout le reste. Il ne sert à rien d’avoir des plans de développement savants, de construire ceci ou cela, lorsque les populations sont au bord des affrontements intercommunautaires et inter-religieux. Et comme pour toute tâche à exécuter, nous avons dressé le profil de la personne la plus à même de mener à bien cette mission de Réconciliation réussie et effective.
Le président Bédié s’est avéré être parmi les personnalités susceptibles de porter les couleurs du PDCI-RDA, la personne la mieux qualifiée et la mieux indiquée pour faire le travail au profit de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens. En effet, le vécu personnel, l’expérience de la gestion de chose publique, la stature et l’âge du président font de lui l’homme de la situation.
Son vécu personnel : plusieurs fois agressé par des adversaires politiques, il a pardonné en posant des actes forts : son soutien à Ouattara en 2010, sa visite à la Haye au président Gbagbo et ses appels incessants à sa libération témoignent de cette capacité à pardonner, ce qui est très utile lorsqu’on demande aux autres de se pardonner. De plus, de nombreux militants après avoir tourné le dos au PDCI et à lui-même son revenu et il les a accueillis.
L’expérience de la gestion de la chose publique : il est le seul à avoir été maire, député, ambassadeur, ministre, fonctionnaire international, président de l’Assemblée nationale et enfin Président de République. Ce sont des fonctions qu’il faut avoir occupé pour en avoir la quintessence. Il n’y a pas d’école pour ça.
Sa stature et son âge :
La stature d’ancien chef d’État et de président de la République, s’il est élu, lui donneront une autorité certaine pour entreprendre ce travail urgent et difficile. Son âge dans ces circonstances devient un atout qui lui permettra dans une posture de père de la Nation d’appeler tout le monde à la table de la réconciliation vraie.

En Afrique, la condition d’ainé confère un grand avantage lorsque l’on doit Rassembler.
C’est donc après cette analyse que les instances du Parti l’ont approché pour être le future président de la République de Côte d’Ivoire afin de remettre ensemble les cœurs des Ivoiriens.
Je poursuis pour dire que les hommes et les femmes capables de gérer administrativement et techniquement la Côte d’Ivoire existent au PDCI qui depuis 1946 a inscrit la formation dans ses priorités.
Donc rassurez-vous, la construction de la Côte d’Ivoire va se poursuivre sous Bédié avec tous ces jeunes cadres compétents qui exerceront des responsabilités importantes.

4. M. le ministre, quels sont vos sentiments sur la création de la fondation Internationale Henri Konan Bédié dirigée par le Dr Arsène Ouattara lui-même cadre du PDCI-RDA pour valoriser et pérenniser les actions du président BEDIE ?
C’est une excellente chose, le Président Henri Konan Bédié et son épouse sont au service de la Côte d’Ivoire depuis 60 ans. Il a servi la Côte d’Ivoire en tant que haut fonctionnaire, ambassadeur, ministre, maire, député, fonctionnaire international, président de l’Assemblée nationale, président d la République.
Ces hautes responsabilités, si elles honorent leurs titulaires, génèrent beaucoup de contraintes pour les personnes qui les exercent avec dévouement et honnêteté. Déjà pour ça, il est à féliciter.
Ensuite le « Miracle Ivoirien » qui fait partie des heures glorieuse de notre histoire s’il a eu pour concepteur Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié compte au nombre des artisans de sa mise en œuvre si ç’en est le principal.
Nous nous souvenons des différentes société d’État qu’il a créés dans tous les secteurs d’activités pour pallier à la faiblesse de l’entreprenariat domestique du jeune pays qu’était la côte d’Ivoire.
Les Sodé comme on les appelait ont contribué à l’essor exceptionnel de la Côte d'Ivoire, les PAC, la SITRAM, la SODERIZ. En 1977, la Côte d’Ivoire était autosuffisante en riz. Le Président Henri Konan Bédié était un Premier ministre qui ne disait pas son nom, épaulé par les ministre Diawara, Sawadogo, Usher pour ne citer que ceux-là.
Malheureusement, la discrétion et un manque de communication risquent de faire en sorte que l’histoire soit injuste avec ce grand homme, à l’instar de Napoléon III et ne retiennent que les calomnies et les mensonges distillés avec insistance à son encontre.
Votre fondation, je pense, peut, si elle fait un travail méthodique de recherche pour rétablir les faits et la vérité sur l’œuvre de cet homme Méritant. Je vous encourage donc à perseverer.

L'Héritage

En lecture en ce moment

Ouattara nomme un proche de Gbagbo ambassadeur de Côte d’Ivoire en Algérie

Côte d’Ivoire : Charles Blé Goudé dans l’attente d’un pays d’accueil