L’injustice produit la violence







Par ses injustices, le pourvoir Rhdp est en train de semer les germes de nouvelles violences en Côte d’Ivoire.

« L’injustice appelle la révolte, le contournement des lois. C’est un environnement instable qui conduit au chaos », a dit Didier Court. C’est malheureusement cette regrettable expérience que vit aujourd’hui une partie des citoyens Ivoiriens. Parce opposés au pouvoir Rhdp, ils n’ont plus la possibilité d’exprimer leur opinion dans les rues, quand d’autres citoyens, favorables au même pouvoir en ont le droit. Alors que leurs partisans sont protégés, les gouvernants s’acharnent sur les opposants qui ont décidé de protester contre la candidature du chef de l’Etat sortant, Alassane Ouattara, à un troisième mandat présidentiel, candidature qu’ils jugent non conforme à la Constitution.

Ainsi plusieurs Ivoiriens ont-ils été  arrêtés ces derniers jours au cours ou en marge de marches pacifiques et jetés en prison. Parmi eux, de nombreuses femmes. Ce fut d’abord le cas, le jeudi 13 août, pour Anne-Marie Bonifon la Coordonnatrice de GPS-Côte d’Ivoire, et trois de ses collaboratrices, à savoir :  Naminata Koné ; Kouigninon Pan épouse Todé ; Sonnebo Henriette Guei. Ce fut ensuite le cas, le dimanche 16 août, pour Pulchérie Edith Gbalet présidente de l’ONG Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI).

 Vendredi 21 août quatre membres du Pdci étaient interpellées à leur tour à Cocody, avant même le début d’une précession pacifique à laquelle elles devaient participer sur le Boulevard des martyrs. Il s’agit de Valérie Yapo, Secrétaire exécutif du Pdci, Béatrice Assoumou membre du Bureau politique du Pdci, Carole Faé, et Mme Amani.

Selon un bilan officiel, 67 personnes dont 27 femmes arrêtées et écrouées dans la seule journée du 21 août. Leur crime ? Avoir participé, ou avoir voulu participer à des marches pacifiques, conformément au droit donné à tout Ivoirien par l’article 20 de la Constitution qui stipule : « Les libertés d’association, de réunion et de manifestation pacifiques sont garanties par la loi ».

Pourtant, le même jour, des dizaines de personnes ont improvisé une marche dans des rues à Abobo, en toute impunité. Le lendemain, au Plateau, des milliers d’autres ont battu le pavé en masses. Elles n’ont point été inquiétées. Au contraire, elles étaient encadrées par les forces de l’ordre. Elles ont eu droit à ce traitement parce que chantant les louanges du parti au pouvoir et son président Alassane Ouattara. Or, quelques jours avant, le conseil des ministres avait décidé de suspendre toutes les manifestations sur la voie publique jusqu’au 15 septembre. Mais dans la pratique, on se rendra compte que cette mesure ne concernait que les manifestations hostiles à la candidature du Président Ouattara. D’ailleurs, avant cette mesure officielle d’interdiction, bien que la procédure pour informer les autorités ait été respectée par les organisateurs, les marches de protestation contre cette candidature ont été systématiquement réprimées. D’abord par la police ou la gendarmerie. Ensuite par des jeunes gens armés de gourdins et encadrés par les forces de l’ordre. Des vidéos de l’intervention de ces ‘’microbes’’ ont fait le tour de la toile. Leurs actes d’agression ont même été dénoncés dans un rapport d’Amnesty International qui a interpellé les autorités ivoiriennes sur leurs responsabilités dans ces crimes.   

Face à une injustice aussi flagrante, faut-il s’étonner devant les débordements et autres violences constatés lors de certaines marches. Comme nous l’écrivions il y a une semaine, lorsque rien n’est fait pour empêcher ou pour perturber une manifestation, elle se déroule sans le moindre couac. La preuve, des Ivoiriens, pro ou anti 3e candidature de Ouattara, ont organisé des marches récemment à Paris sans qu’il ne se produise la moindre violence. Mais sur le territoire ivoirien, seuls les partisans du Rhdp peuvent faire des marches sans être inquiétés. Et bonjour les dégâts.

Cissé Sindou

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