Bilan contre bilan







Du vivant du leader charismatique Nelson Mandela, combien d’Ivoiriens avaient entendu une seule fois le nom de Thabo Mbeki. Très peu. Mais il a suffi qu’il soit désigné par l’Anc comme le candidat du parti pour qu’il rafle la mise.

Thabo Mbeki a été, en fin de compte, un très bon président pour le pays arc-en-ciel. C’est vrai qu’il n’avait ni l’aura ni la popularité de Mandela mais, il a su maintenir le cap. L’Afrique du Sud a continué d’être un pays très viable économiquement et puissant politiquement.

En Côte d’Ivoire, la date de la prochaine présidentielle avance à grands pas. Alassane Ouattara a exprimé le vœu de passer la main à une nouvelle génération. Mais, cette volonté clairement exprimée se heurte aux ambitions des vieux briscards Henri Konan Bédié et Gbagbo de repartir à la conquête du graal présidentiel. Ils sont nombreux les libres penseurs qui estiment que soit Ouattara, Bédié et Gbagbo passent la main, soit les trois jouent le match retour de 2010. Mais, il est hors de question que le numéro Deux d’un camp affronte les numéros UN des autres partis traditionnels. En des termes plus explicites, il n’est pas indiqué qu’un candidat comme Amadou Gon qui pourrait être désigné par Alassane Ouattara ait face à lui Bédié ou Gbagbo. La reforme envisagée par le gouvernement telle que annoncée dans Jeune Afrique de ce jour consistant à réintroduire dans la Constitution la limitation de l’âge des candidats à 75 ans est salutaire. Cette reforme permettra d’éviter la « mugabeisation » du fauteuil présidentiel ivoirien et de consacrer le deuil des ambitions de Bédié qui, à 86 ans, veut diriger à nouveau le pays et remettre sur table la mal gouvernance. Qu’est ce que Bédié peut encore apporter à ce pays qu’il n’a pas fait de 1993 à 1999?  La question reste posée.

Il est grand temps que chaque parti politique apprenne à faire fonctionner la démocratie interne et donnant la chance à tous les militants de prendre un jour le gouvernail.

Pour ce challenge, le Rhdp est prêt. Plusieurs de ses cadres sont valablement capables de continuer l’immense œuvre d’Alassane Ouattara. Le chef de l’Etat a pris le temps de préparer la relève. Depuis plus de 25 ans, certains de ses collaborateurs le côtoient au quotidien et ont eu le temps d’apprendre à ses côtés. L’argument selon lequel ils ne seraient pas populaires comme Ouattara ne tient pas la route. Comme Mandela  en Afrique du sud, il suffira seulement à Ouattara de passer la consigne de vote et le tour est joué. Tous ceux qui auraient voté pour lui, vont sans conteste, respecter sa consigne. C’est illusoire et même très bête de croire que si Ouattara décide de ne pas être candidat ses électeurs du Rhdp vont porter leur choix sur l’un des individus qui l’insultent chaque matin. Qu’on le veuille ou non, Ouattara sera présent au cœur de la prochaine élection. Qu’il soit candidat ou pas, ce serait son bilan contre celui des autres. Lui-même a annoncé récemment qu’il attendait avec impatience la campagne pour l’étude comparative des bilans. En octobre, ce ne sera pas une foire aux promesses mais un champ de comparaison. Chacun a eu à diriger ce pays et chacun a montré ses capacités et étalé ses limites. Vivement octobre pour qu’en toute sérénité les Ivoiriens se prononcent dans les urnes !

 

Traoré Moussa

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