Le masque est vraiment tombé !







Contrairement à ses discours de tous les jours, le régime Rhdp vient de démontrer qu’il n’est pas encore réellement prêt pour le pardon et la réconciliation.  

En effet, la récente démarche du pouvoir Ouattara auprès de la CPI à l’encontre de l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo, est une preuve indiscutable de ce que ce régime ne s’est pas encore résolu à placer au-dessus de ses petits calculs politiciens, la réconciliation vraie de tous les fils et filles de la Nation. Les dirigeants montrent clairement qu’ils ne souhaitent pas un retour de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé maintenant en Côte d’Ivoire. Ils ne souhaitent surtout pas leur retour en politique avant 2020. Simplement parce que ces deux personnalités sont de potentiels sérieux adversaires au futur candidat du Rhdp à la prochaine l’élection présidentielle.

 

Pourtant, huit années après la fin de la crise, les Ivoiriens, dans leur majorité, quels que soient leurs bords politiques, sont sûrement prêts pour le pardon. Combien de citoyens seraient-ils encore catégoriquement opposés à des retrouvailles entre tous les enfants de la patrie ? Huit années d’efforts sont passées sans obtenir cette réconciliation tant recherchée. N’est-ce pas la preuve que celle-ci restera improbable  aussi longtemps que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé resteront dans les liens de la justice loin de la terre ivoirienne ? Après autant d’années de privation de liberté, n’ont-ils pas déjà payé pour leur responsabilité dans la crise postélectorale et les 3000 morts qu’elle a causées ? Leur maintien en prison contribuera-t-il à réparer les dégâts de cette crise ? Accepter leur retour aujourd’hui en Côte d’Ivoire constitue-t-il un sacrifice inutile pour les Ivoiriens de tous bords ? En réalité, tous semblent prêts pour ce sacrifice. Tous sauf les décideurs.

La preuve, parallèlement à la requête des avocats de la Côte d’Ivoire à la CPI, la justice ivoirienne vient bizarrement de confirmer, ce mardi 29 octobre 2019, la condamnation de Laurent Gbagbo à 20 ans de prison dans l’affaire dite du « braquage de la BECEAO ». Dans la foulée, de mystérieuses charges de « crimes contre des populations civiles » et de « crimes contre des prisonniers de guerre » sont dévoilées à Abidjan contre Charles Blé Goudé.

Malheureusement, à cause de leurs intérêts égoïstes, au lieu d’être ceux qui allaient pousser au sursaut et au sacrifice pour la paix des Ivoiriens qui garderaient encore des rancœurs contre ces deux détenus, Alassane Ouattara et son gouvernement se positionnent hélas à la tête du front pour leur maintien en détention, et leur éloignement de la vie politique nationale. Au nom d’un attachement à la manifestation de la justice qui n’est que factice et sélective, ils ont donc engagé ces actions politico-judiciaire.

Hélas, lentement mais sûrement, après avoir été l’un des acteurs principaux de la longue crise politique en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara manque la précieuse occasion de devenir le pacificateur historique de ce pays. Mille fois hélas.  

Cissé Sindou   

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