La loi de la majorité







Henri Konan Bédié veut redevenir President de la République en 2020. Face à la volonté du président Alassane Ouattara de transmettre le pouvoir à une nouvelle génération et voyant que cette position consacrait le deuil de ses ambitions présidentielles, le président du Pdci a décidé de se retirer du Rhdp pour rechercher de nouveaux alliés qu’il enjamberait pour reconquérir le pouvoir d’Etat, 20 ans après l’avoir perdu lors d’un coup d’Etat salué par tous y compris ses nouveaux alliés. Pour Bédié, il est hors de question qu’en 2020 le pouvoir soit transmis au meilleur d’entre les cadres du Rhdp mais à lui, Nzueba, l’auteur de l’appel de Daoukro.

Soro Guillaume veut devenir president de la République en 2020. Champion de la toile ivoirienne, lui et ses partisans ne font aucun mystère de leur volonté d’arracher le fauteuil présidentiel à Alassane Ouattara et à sa famille politique. Sentant qu’il  pourrait ne pas être le « meilleur d’entre  nous » de Ouattara, il a choisi de claquer la porte du Rhdp, de démissionner ou de se faire chasser, c’est selon, du perchoir du Parlement. Avec trois partis embryonnaires  formés par ses compagnons de l’ex-rébellion, il entend être le prochain locataire du palais présidentiel.

Affi N’Guessan veut le pouvoir en 2020. Il a tenté l’essai en 2015, sans avoir été  ridicule et veut  repartir à la conquête du graal. Il sait qu’en étant membre de l’aile majoritaire de la galaxie frontiste, la probabilité d’être désigné comme le candidat du Fpi unifié était mince, très mince, l’ancien Premier ministre a décidé de se battre contre Gbagbo le fondateur du parti et de confisquer les armoiries de la refondation. Seul il gère, l’aide publique accordée au parti et affute ses armes pour le rendez-vous du siècle.

Les anciens ministres Gnamien Konan, Daniele Boni Claverie Azoumana Moutayé, Moriféré Bamba, Henriette Lagou, Kabran Appiah et leurs petits partis ont pointé présent à l’appel du 1er mars lancé par Bédié.

Ainsi Bédié, Soro, Affi et tous les autres aspirants au fauteuil présidentiel en 2020 ont choisi de se mettre ensemble dans une nouvelle   plateforme (comme toutes les précédentes qui sont mortes de leur propre mort) pour une nouvelle CEI qui les « aidera »  à faire partir Ouattara et ramener le RHDP dans l’opposition.

 La stratégie parait si périlleuse et si parsemée d’embuches que Mamadou Coulibaly a dû la dénoncer. « Faire partir ADO, ne peut être un programme de gouvernement.  Chaque fois que cela a  été tenté, de se coaliser pour faire partir un adversaire, ça s’est terminé dans le chaos du partage du pouvoir après. Puis  la désillusion et de nouvelles coalition de vengeances », a-t-il indiqué.

Malheureusement pour tous ces gens qui veulent être présidents en 2020, la CEI ne vote pas. Il va donc falloir à chacun plus d’arguments que la CEI pour conquérir le pouvoir. Tous ces gens savent qu’il serait très difficile pour eux de proposer un programme plus ambitieux que celui qui est en cours de réalisation par le régime Rhdp. La CEI qu’ils veulent tous contrôler ne fait pas gagner l’élection en Côte d’Ivoire mais les électeurs. La CEI n’est qu’un instrument de mesure visant à montrer à chacun son poids réel. La fixation sur cette institution est inutile. Cette semaine, on a voté le president du Parlement. Beaucoup de bruit pour rien sur le mode du scrutin. Quel qu’il soit, quand on n’est pas majoritaire,  on ne gagne pas. En Gambie, Yaya Djameh a fait voter avec des billes mais, il a perdu parce qu’il n’était pas majoritaire.  Amadou Soumahoro est aujourd’hui président parce que son parti est majoritaire à l’Assemblée. Tout le reste n’est que du verbiage creux d’individus qui ne sont pas majoritaires mais qui comptent sur des actes de trahisons et de félonie  pour exister. Tout de même triste. Drôles de démocrates mais qui ne veulent pas respecter la loi de la majorité.

 

Traoré Moussa

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