Enfin dans la République







Depuis son retour mouvementé du 17 juin, c’est cette semaine que l’ancien président, Laurent Gbagbo a enfin décidé de se rendre au palais présidentiel pour présenter ses civilités au président Ouattara. Comme il fallait s’y attendre, il est allé et est revenu sain sauf contrairement aux hérésies des activistes Fpi sur les réseaux sociaux. Devant Alassane Ouattara, il a implicitement reconnu qu’il n’y a pas deux présidents en Côte d’Ivoire. Cela est déjà bon à prendre vu que depuis l’élection perdue de 2010, lui et ses partisans n’ont de cesse de réclamer une victoire imaginaire. Il est enfin entré dans la République. On peut dire que les lignes ont enfin bougé mais le plus dur reste à venir pour le Woody de Mama. Il doit suivre les conseils de Ouattara qui recommande que la génération actuelle songe à passer la main aux plus jeunes.  Gbagbo doit avoir le courage de dire à ses partisans, dont certains sont très zélés,  que son temps est passé et qu’il a déjà passé 10 ans au pouvoir et a pleinement joué sa partition pour la Côte d’Ivoire.  Il ne peut plus rien apporter à ce pays qu’il n’a déjà fait en 10 ans. A Yopougon, son porte-parole Koné Katinan  a débité des paroles  qui l’invitent à reprendre le collier de la lutte pour la reconquête du pouvoir. Tous les rêves sont permis. Mais  Gbagbo, lui-même, sait après avoir découvert le niveau actuel de développement du pays que la barre a été placée à un niveau tel qu’il lui est quasiment impossible de relever les défis actuels qui s’imposent aux Ivoiriens

« Laurent Gbagbo n’est pas venu pour aller à la retraite. Personne ne va nous imposer la retraite de Laurent Gbagbo. Ceux qui disent qu’ils sont fatigués peuvent aller à la retraite » dixit Katinan.  De toutes les façons, Gbagbo a le choix entre finir en beauté sa carrière riche en enseignements et se faire laminer dans une nouvelle élection. Le verdict des dernières élections législatives où le Rhdp de Ouattara a écrasé le triumvirat Pdci-GOR -Fpi est encore là pour servir de baromètre de la situation réelle du terrain politique. L’ancien président jouit certes d’une relative popularité en raison de son acquittement par la Cpi mais il doit éviter de s’enflammer car pour la majorité des ivoiriens il n’est pas subitement devenu un homme neuf. Il est l’unique responsable d’une bêtise qui a coûté la vie à 3000 personnes. Il a été acquitté pour les crimes contre l’humanité mais pas pour les crimes de droits communs, il est coupable à 100%.

Si ce sont les sondages fictifs ou imaginaires réalisés par Norbert Navarro et compagnie qui le poussent à postuler pour une autre bataille électorale, il doit se détromper. Le vrai combat aujourd’hui pour lui c’est se battre pour redonner vie à son parti qui est à l’agonie avec ses branches multiples. Entre pro-Assoa Adou, pro Affi et pro-Simone ça va dans tous les sens.il ne faut pas oublier le Cojep de Blé Goudé issu de la même famille politique.  Le fi n’est plus ce qu’il était avec les moyens de l’Etat quand le parti était aux affaires. Toutes les recrues qui ont constitué le Cnrd sont parties.  Les Mouvements « j’aime Gbagbo » de Touré Al Moustapha ou « Deux millions de femmes pour Gbagbo » d’Henriette Lagou, la « coalition des femmes patriotes » de Bro Grébé et toutes les organisations similaires ont volé en éclats. Les jeunes patriotes et les miliciens aux crânes rasés du Gpp et consorts n’existent plus. La politique étant la saine appréciation des réalités du terrain, Gbagbo est assez intelligent pour comprendre qu’il est temps d’assurer ses arrières plutôt que de se lancer dans une nouvelle bataille perdue d’avance.

 

SW

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